Pilot d'essaiPluribus : Vince Gilligan nous enferme dans un cauchemar, et on redemande

Pluribus : Vince Gilligan nous enferme dans un cauchemar, et on redemande

Résumé & Fiche technique

Pluribus (2025) – Série Apple TV+
Créateur : Vince Gilligan (oui, le monsieur qui nous a donné Breaking Bad et Better Call Saul, et qui donc ne fait pas les choses à moitié).
Avec : Rhea Seehorn (impériale, magnétique, monstrueusement bonne), plus quelques autres humains très corrects.
Genre : Science-fiction psychologique (avec des pointes d’horreur douce et de satire du bonheur collectif).
Pitch : Une personne persuadée d’être “la plus misérable sur Terre” se retrouve à jouer un rôle déterminant dans un monde obsédé par l’idée d’un bonheur généralisé. Et non, ce n’est pas une métaphore LinkedIn.


Et si on ne se réveillait pas de la pandémie ?

On va être honnête : la crise du COVID a laissé des cicatrices dans la fiction. Beaucoup de séries ont tenté de disséquer le confinement, la paranoïa, la solitude, et la perte d’objectifs (et nous, on a regardé tout ça, comme si notre cerveau n’avait pas déjà assez souffert).

Mais Vince Gilligan fait un truc surprenant : il ne nous refait pas un drame de cuisine en visio Zoom.
Au lieu de ça, il transforme ce traumatisme collectif en une science-fiction étrange, moite, presque métaphysique, où le monde semble sourire un peu trop, et où le malaise s’installe au coin de chaque phrase.

Ce premier épisode de Pluribus, c’est comme se réveiller dans son propre rêve… en réalisant que c’est le rêve de quelqu’un d’autre.

Et moi, j’ai adoré ça.

Rhea Seehorn, reine absolue (et oui, on le savait déjà)

On ne va pas tourner autour du pot : Rhea Seehorn vole complètement la série dès les premières minutes.

Il suffit de la regarder respirer pour sentir qu’il se passe quelque chose. Il y a cette façon qu’elle a de jouer la tension intérieure, celle de quelqu’un qui sait que quelque chose cloche, mais qui n’a pas encore les mots pour le dire. C’est subtil, c’est profond, et c’est puissamment incarné.

Elle est aussi fragile que dangereuse, aussi perdue que lucide. On sent tout. On voudrait la prendre dans nos bras. Puis on se dit qu’elle pourrait nous détruire juste avec un regard.

Bref : c’est son show.

Une ambiance de cauchemar (mais du genre dont on ne veut pas sortir)

L’épisode installe très vite un sentiment d’oppression douce, comme si le monde était un tout petit peu décalé.

Tout semble presque trop parfait. Les gens parlent un peu trop calmement. Il y a comme un bruit blanc émotionnel dans l’air.

Et nous, spectateurs, on sent que quelque chose ne va pas. Mais quoi ? Là est toute la question.

Ici, Gilligan joue moins sur le mystère cryptique (contrairement à ce que le trailer laissait craindre) que sur l’inconfort progressif. L’histoire n’est pas confuse, elle est juste… incomplète, et c’est beaucoup mieux : on n’est pas perdu. On est juste en train d’attendre que la pièce se renverse.

Et ça marche immédiatement : l’épisode nous happe. Pas une minute à s’ennuyer. Ça serre la poitrine, doucement mais sûrement.

Un premier épisode qui promet beaucoup (sans promettre n’importe quoi)

Certaines critiques évoquent déjà un “slow burn”. Personnellement, j’appelle ça du contrôle.

Gilligan installe, suggère, cadre, plante ses graines. Rien n’est là par hasard. Et même si les réponses n’arrivent pas encore, on n’est jamais dans le flou total.

On avance. On s’accroche. On veut comprendre. Et pour un pilote, c’est exactement ce qu’il faut.

Oui, c’est un excellent premier épisode

Pluribus ouvre sa porte comme un rêve dont on ne sait pas si on a envie de s’échapper ou de s’enfoncer plus profondément.

C’est dérangeant mais pas hermétique, étrange mais pas confus, lent mais jamais mou.

Et Rhea Seehorn ?
Elle est juste magistrale, au cas où je n’aurais pas été assez claire.

Si le reste de la saison tient cette promesse, on est peut-être face à la série la plus intelligente post-pandémie.

Et franchement, il était temps.

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