On connaissait Funko pour ses petites figurines à grosse tête qui envahissent nos étagères (et vident nos comptes en banque). Voilà maintenant que la marque veut envahir… nos écrans. Oui, Funko passe officiellement du plastique à la fiction.
La société de collectibles a signé un accord ambitieux avec Rideback, le producteur derrière The Lego Movie et la série Netflix Avatar: The Last Airbender, ainsi qu’avec la société technologique Spuree. Objectif : développer des films, des séries live-action, de l’animation, du format hybride, du scripté et même de l’unscripté. Bref, tout sauf un simple spot pub de 30 secondes (quoique).
Funko, de la pop culture à la culture pop… scénarisée
Funko, ce n’est plus seulement une marque : c’est un empire de la licence. Entre Funko, Loungefly et Mondo, l’entreprise collabore déjà avec des mastodontes comme Disney, NBCUniversal, Warner Bros. Discovery ou encore Netflix.
Avec plus d’un milliard de produits vendus dans le monde, Funko se présente comme “au centre de la culture fan”. Traduction : s’il existe une licence que vous aimez, il y a 92% de chances qu’elle existe déjà en version figurine à tête disproportionnée.
Mais cette fois, le mouvement est inversé : au lieu d’adapter des licences existantes en figurines, Funko veut développer des projets originaux “Funko-driven”. Autrement dit, des histoires basées sur son propre univers. Oui, l’univers Funko. Respirez.
Rideback, le pari rassurant
Si l’idée peut sembler un peu opportuniste (encore une marque qui veut son univers étendu), le choix de Rideback est loin d’être anodin.
Le studio a déjà prouvé qu’il savait transformer des jouets en succès narratifs, notamment avec The Lego Movie, qui avait réussi l’exploit d’être à la fois un produit dérivé géant… et un vrai bon film. Rideback est également derrière la récente adaptation live-action de Avatar: The Last Airbender pour Netflix.
À la tête de cette nouvelle alliance, on retrouve notamment Jonathan Eirich et Michael LoFaso, qui promettent des récits ambitieux, respectueux de “l’ADN Funko” tout en le réinventant à l’écran. Une phrase corporate qui peut vouloir dire beaucoup de choses. Ou rien du tout.
Et ce film Funko dans les limbes ?
Ce partenariat intervient après des années durant lesquelles un film Funko était en développement chez Warner Bros.… sans jamais réellement voir le jour.
Autant dire que cette nouvelle annonce ressemble à une tentative de relance, mais en version plus structurée. Avec Spuree, société qui travaille actuellement sur l’adaptation animée de Magic Tree House, Funko espère optimiser la production grâce à des workflows “innovants” et à l’IA. Oui, l’intelligence artificielle s’invite aussi dans la partie. Hollywood 2026, bonjour.
Bonne idée ou symptôme d’une industrie en manque d’idées ?
La vraie question reste la suivante : a-t-on besoin d’un univers narratif Funko ?
D’un côté, la marque possède une force indéniable : une connexion émotionnelle avec des millions de fans. De l’autre, Funko n’est pas une licence narrative en soi. Ce n’est ni un monde cohérent, ni un récit structuré, ni même un concept fort. C’est un style graphique.
Le succès potentiel reposera donc entièrement sur la capacité des créateurs à inventer une mythologie originale. Et à éviter l’écueil du long placement produit déguisé en série “family-friendly”.
Mais si The Lego Movie nous a appris quelque chose, c’est qu’un projet ultra-commercial peut parfois surprendre par son intelligence. Alors, pourquoi pas ?
Pour l’instant, aucun projet précis n’a été annoncé. Mais une chose est sûre : Funko ne veut plus seulement représenter la pop culture. Elle veut la raconter.

