Pilot d'essaiCIA : le buddy-cop fantasmé qui s’évapore dès le générique

CIA : le buddy-cop fantasmé qui s’évapore dès le générique

Diffusée sur CBS, CIA est la nouvelle série procédurale qui entend nous plonger dans les coulisses de l’agence la plus secrète (et la plus fictionnalisée) des États-Unis. Sur le papier, la promesse était simple : un duo d’agents que tout oppose, des enquêtes sous haute tension, un peu d’humour, un peu de rivalité, et ce petit parfum de “buddy cop” moderne qui fait lever un sourcil enthousiaste.

Je précise d’emblée : je n’ai regardé aucune autre série de la franchise (ni de ce qui l’entoure de près ou de loin). Et bonne nouvelle, ça ne pose absolument aucun problème pour découvrir CIA. Mauvaise nouvelle : ça ne rend pas le premier épisode plus passionnant pour autant.

De quoi parle le premier épisode ?

Le pilote nous présente deux agents que tout sépare, méthode, tempérament, façon de travailler, contraints de collaborer sur une affaire impliquant une menace potentielle contre la sécurité nationale. L’enquête en elle-même est très classique : une piste, un suspect, une révélation, un rebondissement pas si rebondissant.

Soyons honnêtes : l’intrigue du jour sert surtout à faire se rencontrer les personnages et à poser les bases d’un fil rouge teasé dans les dernières minutes. Ce n’est pas un mal en soi, beaucoup de séries fonctionnent ainsi, mais encore faut-il que le voyage soit un minimum divertissant.

Et c’est là que ça se complique.

J’attendais un duo fun. J’ai eu un duo fonctionnel (et encore)

En voyant le trailer, je m’étais préparée à une dynamique explosive, façon “je te déteste mais on va sauver le monde ensemble”. Un duo avec du mordant, des clashs savoureux, des regards en coin. Bref, un vrai potentiel buddy-cop.

Dans les faits ? Je n’ai ressenti aucune alchimie.

Les échanges sont mécaniques, les punchlines tombent à plat, et les tentatives d’humour ressemblent à des cases cochées dans un cahier des charges :
– petite pique sarcastique ✔️
– réaction outrée ✔️
– micro-sourire complice ✔️

Sauf que ça ne prend jamais. Je n’ai pas ri. Je n’ai pas souri. J’ai surtout regardé ma montre.

Et visiblement, je ne suis pas la seule à avoir trouvé l’ensemble assez générique : beaucoup de spectateurs parlent d’une série plate, sans identité propre, qui recycle des dynamiques déjà vues mille fois sans y injecter la moindre étincelle.

Une recette ultra-classique… presque insipide

Le problème principal de ce premier épisode, c’est son absence totale de prise de risque.

On est dans du procedural pur jus :

  • Une enquête bouclée en 42 minutes

  • Des personnages présentés à la chaîne

  • Une révélation finale pour teaser la suite

Rien de choquant. Mais rien d’excitant non plus.

Tout est prévisible, calibré, lissé. Même la mise en scène semble vouloir s’effacer derrière le “fonctionnel”. On sent la volonté d’installer une franchise durable, rassurante, efficace. Sauf que ce premier épisode ne dépasse jamais le stade du pilote d’exposition.

J’ai eu la sensation d’assister à une longue introduction. Une bande-annonce étirée. Un préambule qui oublie d’être captivant.

Le simplisme qui fait sortir de l’histoire

Et puis il y a ces petits détails qui me font décrocher.

On nous présente la “meilleure analyste de la CIA”. Une pointure. Un cerveau hors norme.

Trente secondes plus tard, elle ne remarque pas sur un relevé bancaire qu’un suspect loue un appartement.

Pardon ?

Ce genre de simplisme me sort instantanément de l’épisode. Ce n’est pas une question de réalisme absolu (on est dans une fiction), mais de cohérence interne. Si tu me vends une experte exceptionnelle, évite de la rendre incompétente pour faire avancer ton scénario.

Ce n’est qu’un exemple, mais il illustre bien ce que j’ai ressenti : beaucoup de facilités d’écriture, des raccourcis un peu grossiers, et un scénario qui privilégie la mécanique au détriment de la crédibilité.

Où est passée la promesse du trailer ?

Ce qui me frustre le plus, c’est l’écart entre la bande-annonce et le résultat.

Le trailer vendait du rythme, du fun, une tension presque joueuse entre les deux protagonistes. Le pilote, lui, reste sage. Trop sage.

Même les tentatives d’humour semblent hésitantes. Comme si la série ne savait pas encore si elle voulait être légère ou ultra-sérieuse. Résultat : elle n’est ni vraiment drôle, ni vraiment intense.

Et quand on mise sur la dynamique d’un duo pour porter une série… il faut que ce duo fonctionne.

Je me suis ennuyée. Vraiment.

C’est sans doute le verdict le plus cruel : je me suis ennuyée.

Pas de scène mémorable.
Pas de twist qui me surprenne.
Pas de moment où je me suis dit : “Ok, là, ça démarre.”

Juste une succession de scènes correctes, propres, mais terriblement fades.

Je comprends que le premier épisode doit poser les bases. Mais d’autres séries ont réussi à installer un univers tout en restant palpitantes dès le pilote. Ici, j’ai surtout eu l’impression d’un épisode pilote qui coche les cases sans jamais les transcender.

Verdict : une entrée en matière trop sage

Ce premier épisode de CIA n’est pas catastrophique. Il est simplement… banal.

Il manque d’audace, d’alchimie, de personnalité. La formule est rodée, presque scolaire. Et si l’objectif était de créer une nouvelle série procédurale rassurante pour le public de CBS, alors mission probablement accomplie.

Mais si on espérait une série d’espionnage un peu fun, un peu piquante, un peu différente… on peut ranger nos attentes au placard.

Je ne demande qu’à être surprise par la suite. Mais en ce qui concerne ce premier épisode, la promesse du buddy-cop déjanté s’est dissoute plus vite qu’un dossier classé secret défense.

Et franchement ? C’est dommage.

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