Prime Video a officiellement commandé la série scriptée sur l’affaire Karen Read, avec Elizabeth Banks dans le rôle principal et à la production exécutive. Huit épisodes d’une heure, un showrunner venu de la comédie, et une protagoniste réelle qui a déjà fait savoir qu’elle n’était pas consultée. Le true crime n’a décidément pas fini de nous occuper.
Une commande ferme pour huit épisodes
La série, pour l’instant sans titre, comptera huit épisodes d’une heure. Elle s’inspire du podcast Karen, une production Law&Crime et Audible Original. Elizabeth Banks (Cocaine Bear, Pitch Perfect) jouera Karen Read. Le projet est écrit, showrunné et produit par Justin Noble (The Sex Lives of College Girls, Brooklyn Nine-Nine). Un parcours plutôt comique pour une histoire qui l’est nettement moins, mais pourquoi pas : les mélanges de genres, c’est à la mode.
Qui est derrière le projet ?
La série vient de Warner Bros. Television. Brownstone Productions, David E. Kelley Productions (Margo’s Got Money Troubles, Big Little Lies), Audible et Law&Crime sont aussi à la production exécutive. La liste des producteurs exécutifs est longue : Max Handelman, Krissy Wall, David E. Kelley, Matthew Tinker, Aaron Hart, Marshall Lewy, Jeni Mulein, Jen Sargent, Rachel Stockman et Dan Abrams, en plus de Banks et Noble. Le projet est arrivé chez Audible via son intégration avec Wondery, et Aaron Hart l’a accompagné. Autant dire que le générique de fin va demander un bon café.
De quoi ça parle ?
Voici le synopsis officiel, en version courte : quand un policier de Boston est retrouvé mort dans la neige pendant une tempête, tous les regards se tournent vers sa petite amie, Karen Read. Mais elle et son équipe juridique affirment qu’elle est innocente et victime d’un complot destiné à protéger les vrais coupables. L’histoire se répand comme une traînée de poudre et divise une communauté comme jamais. Amazon promet une série « genre-bending » qui explore l’obsession de la société pour le true crime. Une série sur notre fascination pour le true crime, diffusée sur une plateforme qui en vit : on appelle ça de l’autocritique, ou du marketing très bien emballé.
Karen Read n’est pas fan
Quand Amazon a annoncé le développement du projet en 2025, la principale concernée a réagi avec fermeté. Au micro de Howie Carr sur WRKO, elle a déclaré que cela n’avait rien à voir avec elle et que ce n’était pas autorisé par ses soins. Son avocat Alan Jackson a ajouté que l’histoire de Karen Read était « celle de Karen Read à raconter ». Elle prépare d’ailleurs sa propre version via LBI Entertainment (Hell or High Water) et un livre. Deux récits en concurrence, donc, ce qui est assez raccord avec une affaire où chacun a sa version des faits.
Ce que disent les créateurs
Elizabeth Banks explique avoir grandi dans le Massachusetts et avoir vu cette affaire diviser familles, amis et villes entières. Pour elle, les questions soulevées dépassent le tribunal : pourquoi croit-on certaines histoires, et que se passe-t-il quand la confiance dans les institutions s’effrite ? Elle assure que Justin Noble a écrit une série qui traite avec soin la complexité des faits et de la réaction du public.
Justin Noble, lui, y va d’une formule qu’on ne pouvait pas rater : cette affaire a plus de rebondissements que n’importe quelle histoire qu’il ait consommée, au point que M. Night Shyamalan ferait presque figure de Nora Ephron à côté. Il évoque aussi un système judiciaire imparfait qui doit changer, le traitement des femmes par ceux qui abusent de leur pouvoir, et une victime qui mérite d’être honorée.
Côté Amazon MGM Studios, Peter Friedlander parle d’une série sur ce qui arrive quand la vérité devient affaire de perspective. Marshall Lewy, d’Audible, y voit le genre de propriété intellectuelle qui se traduit puissamment en télévision. Des déclarations enthousiastes, comme toujours, de la part de ceux qui vendent le projet.
Notre avis
On ne va pas se mentir : une série scriptée sur une affaire réelle encore très vive, sans l’accord de la principale concernée, ça pose question. Le risque, c’est de transformer un drame humain, avec un mort au milieu, en divertissement de plus dans la grande machine du true crime. D’un autre côté, Elizabeth Banks a un vrai potentiel dramatique, et l’ambition affichée de questionner notre rapport à ces histoires pourrait donner quelque chose d’intéressant, si elle est tenue. Reste à savoir si la série saura rester lucide sur son propre sujet, ou si elle sera l’exemple parfait de ce qu’elle prétend critiquer. Réponse quand Amazon aura donné une date.

