Quand Netflix et TF1 ont annoncé leur rapprochement en début d’été, certains y ont vu une curiosité. Netflix y voit manifestement un modèle. À la suite de ses résultats du troisième trimestre, la plateforme a indiqué vouloir continuer à élargir son offre via des licences et de « nouvelles façons » d’accueillir des contenus tiers, en citant explicitement l’exemple français.
Le message adressé aux actionnaires est limpide : avec une audience proche du milliard de personnes, Netflix se présente comme le partenaire idéal pour les studios, les networks et les talents créatifs. Modestie, quand tu nous tiens.
Ce que ça donne en France
Le partenariat avec TF1 propose des chaînes et des contenus à la demande, avec des fictions comme Brocéliande et Erica, ainsi que la version française de The Voice. Netflix se dit « satisfait » et affirme que les premiers chiffres montrent un visionnage supplémentaire en France.
Dans sa lettre, la plateforme explique que cet accord permet d’offrir à ses abonnés français davantage de séries, films, actualités et programmes sportifs très locaux, dans une expérience « sans friction ». Traduction : plus besoin de jongler entre les applis pour retrouver The Voice. Reste à savoir si l’on s’en réjouit ou si l’on s’inquiète de voir Netflix devenir la télécommande universelle de nos soirées.
Peacock, Fox One : les prochains sur la liste ?
Netflix n’a cité aucun nom, mais des spéculations évoquent la possibilité que la plateforme accueille des contenus de Peacock (NBCUniversal) ou de Fox One. Cela donnerait aux abonnés plus de programmes de divertissement, mais aussi du sport en direct, comme la NFL.
Il s’agit à ce stade de suppositions, pas d’annonces. Mais l’idée a de quoi faire sourire : après des années à vouloir tuer la télé traditionnelle, Netflix en vient à l’héberger. Le streaming qui devient la télé, la télé qui devient du streaming : tout le monde finit par ressembler à tout le monde.
Des hits venus du monde entier
Netflix a aussi mis en avant plusieurs succès internationaux du trimestre :
- Plastic Beauty, en bonne voie pour devenir sa série la plus regardée au Japon ;
- The Secret Woman, qui devrait devenir son titre danois le plus vu de son histoire ;
- El Chapo, en passe de devenir son deuxième titre mexicain le plus regardé dans le monde ;
- The Perfect Lie, bien parti pour être sa série néerlandaise la plus vue.
La plateforme y voit le fruit de dix ans d’investissement dans des contenus ancrés localement, mais capables de voyager. On notera que Netflix aime bien dire « en bonne voie » : prudence ou communication bien calibrée, à vous de juger.
Et les heures de visionnage ?
Netflix a aussi répondu aux inquiétudes sur la croissance de ses « heures de visionnage ». Selon elle, l’engagement reste « sain », mais elle veut accélérer cette croissance et se dit confiante sur sa capacité à y parvenir grâce à sa stratégie.
Lire entre les lignes n’est pas très difficile : si Netflix multiplie les contenus tiers, c’est aussi pour que les abonnés passent plus de temps sur l’appli. Plus de chaînes, plus de catalogues, plus d’heures devant l’écran.
Une bonne nouvelle pour les abonnés ?
Soyons honnêtes : tout dépend de ce qu’on y met. Pour les spectateurs, regrouper des contenus locaux, du direct et des programmes de chaînes historiques sur une seule appli peut être pratique. Mais cette logique de « tout au même endroit » ressemble de plus en plus à la bonne vieille offre de bouquet télé, avec un prix qui, lui, ne reste pas forcément fixe.
Si Netflix réussit à s’imposer comme la porte d’entrée unique du divertissement, ce sera pratique. S’il se transforme en supermarché géant où l’on ne trouve plus rien, ce sera moins drôle. On vous laisse deviner notre pronostic.

