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La comtesse de Monte-Cristo : Audrey Fleurot se venge sur TF1 dès le 16 novembre

Edmond Dantès, c’est fini. Place à Mercédès, et elle n’a pas l’intention de faire de la figuration.

TF1 vient de caler la date : La comtesse de Monte-Cristo arrive le lundi 16 novembre 2026 à 21h10. C’est une mini-série de 8 épisodes de 52 minutes, avec Audrey Fleurot dans le rôle principal. Après huit ans de HPI, l’actrice change complètement de registre : fini le QI de 160 et les pulls improbables, bonjour les corsets (enfin, pas trop, on y vient).

Mercédès prend les commandes

Le principe est simple : plutôt que de changer le sexe d’Edmond, la série a choisi un personnage qui existe déjà chez Dumas, sa fiancée Mercédès Herrera. Catalane installée à Marseille, elle tente de sauver l’homme qu’elle aime, échoue, finit elle aussi derrière les barreaux, puis s’évade avec une seule idée en tête : faire payer ceux qui ont tout détruit.

Les créateurs, Gaïa Guasti et Djibril Glissant, ont donc raconté l’histoire de son point de vue. Là où Edmond est renfermé et sombre, Mercédès est présentée comme solaire, impulsive et un brin anarchiste. Audrey Fleurot dit avoir voulu une héroïne « plus colorée et optimiste » que le héros du roman. Une vengeance qui pétille, en somme.

On notera aussi que TF1 a lui-même soufflé l’idée aux producteurs d’Itinéraire Productions, déjà derrière HPI. Habituellement, c’est eux qui proposent. Cette fois, la chaîne les a « challengés ». Reste à savoir si le défi tient la route.

Sans la fortune du comte, comment on se venge ?

C’est la grande question. Dans le roman, Edmond règle ses comptes grâce à un trésor qui fait de l’argent son superpouvoir. L’équipe a jugé que raconter ça aujourd’hui était compliqué et a changé la nature du trésor. Mercédès devra donc compter sur son intelligence et son ingéniosité, et même sur les inventions de son époque (photographie, vélo, télégraphe).

Autre nuance de taille : elle est enceinte lorsqu’on l’emprisonne. Le sort de son enfant devient aussi important que sa soif de revanche, et elle se retrouve tiraillée entre ses pulsions de vie et de mort. La vengeance reste le moteur, mais la série veut montrer que des pulsions négatives peuvent faire naître de belles choses.

Les scénaristes assument aussi de prendre de la liberté avec Dumas, rappelant qu’il était payé à la page, d’où ses digressions à rallonge et ses coïncidences improbables. Voilà qui laisse de la marge pour improviser. On reste curieux de voir si le résultat sonnera comme du Dumas ou comme du Dumas passé à la moulinette feel good de TF1.

Un tour du monde en huit épisodes

La série se veut plus odyssée que simple histoire de vengeance. Chaque épisode a son décor, son ambiance et son identité : on passe par Marseille, l’Italie et la Turquie, des passages quasiment absents du roman. Le ton alterne entre épisodes sombres, moments plus joyeux et même une touche de comédie romantique, que le roman ne contenait pas du tout.

Le personnage de Bertuccio, contrebandier corse fantasque joué par Simon Ehrlacher (oui, le Gilles de HPI), apporte le contrepoint comique. Côté réalisation, Djibril Glissant et Leonardo D’Antoni se sont partagé les lieux : Malte pour la Méditerranée, Prague pour Paris. Ils annoncent huit styles de mise en scène, un par épisode.

Des couleurs, des costumes et du Dracula

Visuellement, le parti pris est clair : décors assez monochromes, éteints, pour que les costumes explosent. Rouges, verts, bleu profond… Chaque tenue d’Audrey Fleurot a sa propre couleur forte. Pour la prison du château d’If, la costumière Marie Frémont a même habillé Mercédès en rouge, façon bagne de Toulon, pour qu’elle se détache de la pierre. Et il y a eu de la neige sur le tournage, un cadeau inespéré pour l’image (un peu moins pour les frissons de l’équipe).

Côté références, Djibril Glissant cite le Dracula de Coppola pour le souffle romanesque, les contre-jours de Kaminski chez Spielberg, et la série Foundation. Audrey Fleurot, elle, évoque Angélique, marquise des anges, et le côté cape et d’épée sans les combats. Une robe signée Julien Fournié est aussi de la partie. Le luxe, quoi.

Un casting qui a du répondant

Autour d’Audrey Fleurot, la distribution fait plaisir :

  • Zabou Breitman : Héloïse de Villefort, l’ennemie qui perce à jour le plan de Mercédès
  • Kad Merad : Gérard de Villefort, procureur facilement manipulable
  • Thierry Godard : Fernand de Morcerf, le cousin jaloux
  • Eric Elmosnino : Danglars, devenu riche banquier
  • Olivia Côte : Hélène de Morcerf
  • Denis Lavant : l’abbé Faria, voisin de cellule de Mercédès
  • Et aussi Simon Ehrlacher, Esteban Vial, Marysole Fertard, Maxime Lélue, Thibault Bonenfant, Fotinì Peluso et Waël Sersoub

Les personnages secondaires, souvent réduits à des marionnettes chez Dumas, auraient ici plus d’épaisseur. On demande à voir.

Les chiffres qui donnent le tournis

Le dossier de presse ne fait pas dans la sobriété : 81 décors, 1 694 figurants, 450 personnes dans l’équipe technique (quatre nationalités), près de 200 pièces de costumes sur mesure fabriquées en sept mois, et 93 jours de tournage pour l’équipe principale, plus 6 jours pour la seconde équipe.

Ça n’a pas été une promenade de santé. Les producteurs rappellent la règle d’or du métier (pas d’enfants, pas d’animaux, pas de bateau), avant de reconnaître qu’ils ont coché presque toutes les cases : chevaux, bateaux, scènes d’incendie, et une course avec 20 chevaux et 200 figurants. Pour tenir le rythme, Djibril Glissant a tout storyboardé et a même utilisé l’IA pour adapter ses dessins aux photos des vrais décors. Selon lui, cela lui a permis d’arriver sur le plateau en sachant exactement ce qu’il voulait faire avec le chef opérateur.

Alors, on regarde ?

Sur le papier, il y a de quoi être curieux : une héroïne qui prend son destin en main, une vengeance sans compte en banque illimité, du spectacle et un casting solide. Il y a aussi de quoi rester prudent. La comparaison avec le film de Pierre Niney est inévitable (même si l’équipe jure que la commande de TF1 était antérieure), et revisiter un monument de la littérature avec « une écriture résolument moderne » peut aussi bien donner du génie que du vernis.

Rendez-vous le 16 novembre sur TF1 pour juger sur pièces. Et vous, vous êtes plutôt team Edmond ou team Mercédès ?

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