Pilot d'essaiThe Beauty, épisode 1 : quand la beauté tue… et l’ennui aussi

The Beauty, épisode 1 : quand la beauté tue… et l’ennui aussi

Résumé & fiche technique

Dans The Beauty, FX nous plonge dans un futur à peine dystopique où un mystérieux sérum fait miraculeusement disparaître tous les complexes… avant de transformer ses utilisateurs en bombes virales prêtes à éclore façon buffet d’entrailles. Au même moment, le FBI tente de comprendre pourquoi des corps parfaits se mettent soudain à suinter des bubons qui font passer The Last of Us pour un tutoriel de jardinage. Idée de départ intrigante, promesse sociale intéressante, casting clinquant : tout semblait réuni pour un pilote qui claque. Sauf que…

Fiche technique :

  • Titre : The Beauty

  • Chaîne : FX

  • Genre : Thriller, body horror, satire sociale (en théorie)

  • Création : Matthew Hodgson, Ryan Murphy

  • Cast notable : Evan Peters, Anthony Ramos, Jeremy Pope, divers pores et bubons numériques

  • Durée : 42 minutes qui en paraissent… disons un bon 68


Critique – Quand Ryan Murphy fait du Ryan Murphy (et pas dans le bon sens)

Je vais être honnête : je ne suis pas la meilleure cliente de Ryan Murphy. Ce n’est pas personnel, hein, mais disons que sa signature a ce côté « glamourisation du sordide » qui me hérisse un peu le poil. J’ai toujours du mal avec sa façon de sexualiser ses personnages féminins au point de les transformer en poupées maléfiquement lubriques, sa passion pour rendre mignons de vrais tueurs en série, et son obsession à plonger tête la première dans le putassier comme un enfant dans une piscine à boules. Donc, forcément, quand j’ai vu arriver The Beauty, j’ai serré les dents.

Malheureusement, ce premier épisode n’a rien fait pour me détendre la mâchoire.

Un pilote qui hésite entre thriller sérieux et nanar assumé (?)

Le gros souci de ce pilote, c’est son ton schizophrène. Une scène, on est dans un thriller FBI très sérieux, caméras rasantes, mines crispées, jargon technique qu’on nous assène à coups de mots compliqués. La scène suivante, la série verse dans un pulp tellement outrancier qu’on se croirait devant un nanar body horror des années 2000, version « On a un budget FX, et on va le montrer ».

Résultat : on est le cul entre deux chaises, et c’est rarement confortable, surtout quand aucune des deux chaises n’a l’air finie.

Le traitement du virus, par exemple, frôle parfois la parodie involontaire : les gros plans sur la peau qui se déchire, la fameuse scène d’« éclosion » interminable (et franchement indigeste), la mise en scène du gore qui semble plus intéressée à choquer qu’à raconter quelque chose… Tout cela donne l’impression que la série veut surtout nous faire grimacer. Et elle y arrive. Pas forcément dans le bon sens.

Des personnages aussi profonds qu’un miroir de salle de bain

Si la série avait des personnages solides pour compenser, on pourrait pardonner son goût pour le « trash chic ». Mais non : ici, les protagonistes sont des archétypes ambulants, chacun défini par un défaut ou une obsession, et rien d’autre.

On a la carriériste glaciale, le flic torturé et mutique, la starlette narcissique… Tous coincés dans des rôles qui oublient d’être des gens. C’est simple : j’ai vu plus d’humanité dans un bouchon de crème hydratante.

Ce manque d’empathie rend le tout étrangement creux émotionnellement. On ne s’attache pas, on ne compatit pas, on regarde simplement des silhouettes se débattre dans un script qui coche des cases.

Et le plus ironique dans tout ça, c’est que c’est exactement le genre d’histoire qui fonctionne à merveille en comic book : le rythme rapide, l’exagération stylisée, la satire graphique… Mais porté à l’écran, ce premier épisode paraît presque ridicule, comme un cosplay trop sérieux d’une BD qui, elle, savait rire d’elle-même.

Une série qui parle de superficialité… en étant désespérément superficielle

La volonté de critiquer la société obsédée par l’apparence est bien là, on ne peut pas dire le contraire. Le problème, c’est que le pilote ne fait qu’effleurer le propos avant d’enchaîner sur une autre scène choc. On dirait un ado hyperactif qui voudrait parler de philosophie mais qui finit toujours par montrer des vidéos TikTok de boutons qu’on explose.

Et c’est probablement ça le plus frustrant : The Beauty semble destinée à un public ado en quête de sensations fortes, fascinée par le gore et les twists racoleurs plutôt que par le sous-texte. C’est tape-à-l’œil, bruyant, luxuriant de fluides corporels… mais très peu concerné par la subtilité.

Verdict du premier épisode : joli emballage, contenu douteux

Pour résumer, ce pilote mélange :

  • une idée prometteuse,

  • une exécution bancale,

  • des personnages en carton,

  • du gore qui prend trop de place,

  • un ton instable,

  • et une obsession visuelle qui frôle le « regardez comme c’est dégueu, hihihi ».

Est-ce divertissant ? Très probablement pour une certaine audience.
Est-ce réussi ? Pour moi, absolument pas.
Est-ce du Ryan Murphy pur jus ? Oh que oui.

Je regarderai peut-être l’épisode 2 par pure curiosité scientifique, mais si la série continue à confondre profondeur et surcouche de maquillage FX, je risque de décliner l’invitation.

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