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GIGN sur Netflix : une série d’action française qui tire à côté de sa cible

Le GIGN est probablement l’une des unités françaises qui fascinent le plus le grand public. Une institution connue de tous, mais finalement assez peu représentée dans les fictions françaises. Alors forcément, quand Netflix annonce une série centrée sur cette unité d’élite, il y a de quoi être intriguée. Entre les opérations à haut risque, la pression psychologique, les sacrifices personnels et les enjeux humains derrière chaque intervention, le potentiel était immense.

Avec GIGN, Netflix tente donc de proposer son propre thriller d’action à la française. La série suit David Caron (Tomer Sisley), un membre expérimenté du groupe qui pensait progressivement quitter le terrain. Mais évidemment, parce qu’une série d’action sans héros torturé qui refuse de raccrocher ses chaussures tactiques serait presque illégale, David va rapidement être rattrapé par une nouvelle mission. Dans le même temps, son filleul Max rejoint le GIGN, créant un conflit entre transmission, protection et envie de faire ses preuves.

Dans ce premier épisode, l’équipe est confrontée à une intervention particulièrement dangereuse : un véhicule transportant des explosifs devient une menace majeure et oblige le groupe à agir rapidement. En parallèle, la série tente d’installer le passé et les blessures personnelles de David, notamment son rapport compliqué avec son métier et ses proches.

Sur le papier, tout est là pour proposer une série efficace. Dans les faits… disons que GIGN démarre avec le pied sur l’accélérateur, mais sans forcément savoir où elle veut aller.

Et parfois, elle appuie tellement fort sur l’accélérateur qu’on finit par avoir envie de lui demander de passer le contrôle technique.

Une série militaire française qui a parfois oublié qu’elle était française

Le premier problème de GIGN, c’est qu’elle semble avoir regardé énormément de séries militaires américaines avant de se lancer. Le vétéran qui porte le poids des années, la jeune recrue qui veut prouver sa valeur, l’équipe soudée comme une famille, le héros qui doit jongler entre sa mission et sa vie personnelle… On retrouve absolument tous les codes du genre.

Le problème n’est pas d’utiliser des codes connus. Après tout, une série n’a pas besoin de réinventer la roue à chaque épisode. Mais ici, j’ai parfois eu l’impression de regarder une compilation des grands classiques de la série militaire.

On pense forcément à SEAL Team, Six, Band Of Brothers ou toutes ces productions où les soldats sont présentés comme des héros capables de repousser leurs limites physiques et mentales. Sauf qu’en transposant cette mécanique au GIGN, la série perd une occasion de raconter quelque chose de plus spécifique.

Car le GIGN n’est pas une unité américaine. Son fonctionnement, son histoire, son rapport aux interventions et son inscription dans la société française sont différents. Et c’est justement ce qui aurait pu rendre la série intéressante.

Malheureusement, dans ce premier épisode, la série semble davantage fascinée par l’image du GIGN que par ce qu’il représente réellement.

D’ailleurs, le début de l’épisode m’a presque donné l’impression de regarder une publicité de recrutement. Entre les plans sur l’équipement, les véhicules, les armes, les entraînements et les membres de l’unité présentés comme une armée de machines parfaitement huilées, je me suis presque attendue à voir apparaître un slogan du type : « Le GIGN recrute, tentez votre chance ».

Il ne manquait plus qu’un numéro de téléphone en bas de l’écran.

Des scènes d’action efficaces… mais qui demandent beaucoup trop de fermer les yeux

Soyons honnêtes : GIGN sait mettre en scène l’action. Les scènes d’intervention sont nerveuses, rythmées et plutôt bien réalisées. On sent une volonté de proposer du spectacle et, sur ce point, la série remplit partiellement son contrat.

Le problème, c’est que l’écriture demande parfois une suspension d’incrédulité tellement importante qu’elle finit par devenir un exercice sportif.

La scène de l’intervention avec l’hélicoptère est probablement le meilleur exemple.

Sans spoiler plus que nécessaire, disons simplement qu’on nous demande d’accepter beaucoup de choses en très peu de temps. Voir le GIGN intervenir seul dans une situation aussi critique, avec une organisation qui semble très éloignée de ce qu’on pourrait attendre d’une opération de cette ampleur, m’a laissée particulièrement perplexe.

À un moment, la série nous sort un barrage improvisé avec une Mercedes et deux Porsche au milieu d’une route. Et je sais bien que nous sommes dans une fiction, mais quand on a passé suffisamment de temps devant les journaux télévisés à voir comment les forces de l’ordre sécurisent réellement des situations dangereuses, difficile de ne pas lever un sourcil.

Et puis arrive le moment où Tomer Sisley, depuis un hélicoptère qui bouge dans tous les sens, réussit à tirer précisément sur un pneu d’un camion lancé à pleine vitesse et rempli d’explosifs.

Alors oui, Tomer Sisley a clairement la tête du gars à qui on confierait une mission impossible.

Mais même Tomer Sisley doit probablement respecter quelques règles de physique de temps en temps.

La scène fonctionne comme spectacle. Elle est même plutôt divertissante. Mais dès qu’on commence à réfléchir deux secondes à ce qu’on regarde, tout s’écroule un peu.

Tomer Sisley sauve les meubles

Heureusement, GIGN possède un vrai point fort : son casting.

Tomer Sisley est clairement dans son élément. On connaît son aisance dans les rôles physiques et les personnages d’action, et une nouvelle fois, il fonctionne parfaitement dans ce registre. Il apporte une certaine crédibilité au personnage de David, sans jamais tomber dans la surenchère.

C’est d’ailleurs assez amusant : alors que la série en fait parfois beaucoup trop dans son écriture et sa mise en scène, les acteurs, eux, restent étonnamment sobres.

Personne ne semble chercher à voler la vedette ou à transformer son personnage en caricature. Le casting principal comme les seconds rôles jouent avec sérieux, ce qui permet de rendre l’ensemble plus agréable à regarder.

Le problème ne vient donc pas des interprètes.

Il vient surtout de personnages qui, pour le moment, ressemblent davantage à des fonctions scénaristiques qu’à de véritables êtres humains.

Des personnages qui cochent toutes les cases du manuel de la série militaire

Dans ce premier épisode, difficile de réellement s’attacher aux personnages.

David est évidemment le soldat expérimenté qui porte ses blessures. Max est le jeune qui veut prouver qu’il mérite sa place. Les proches servent à rappeler que derrière l’uniforme, il existe un homme avec une vie privée.

Tout cela fonctionne sur le papier.

Mais pour l’instant, j’ai davantage l’impression de regarder une liste de personnages cochés dans un cahier des charges qu’une véritable équipe avec des personnalités fortes.

La série nous présente leurs rôles, mais pas encore vraiment leurs personnalités.

On sait qui ils sont dans l’histoire, mais pas forcément qui ils sont en tant qu’individus.

Alors oui, ce n’est que le premier épisode. Il faut évidemment laisser du temps aux personnages pour évoluer. Mais une première impression reste une première impression, et pour l’instant, l’attachement n’est pas vraiment au rendez-vous.

Une bonne idée qui manque encore de personnalité

Le plus frustrant avec GIGN, c’est que la série possède un véritable potentiel.

Mettre en avant cette unité française est une excellente idée. Il y a énormément de choses à raconter : la pression psychologique, les conséquences des interventions, le poids des décisions prises en quelques secondes, la relation entre les membres du groupe…

Mais ce premier épisode choisit malheureusement la voie la plus classique.

Il préfère montrer les héros en action plutôt que de nous faire comprendre les hommes derrière les uniformes.

La série veut impressionner avant de vouloir raconter.

Et c’est dommage, parce qu’avec un sujet pareil, elle avait largement de quoi proposer quelque chose de différent.

Verdict : un premier épisode spectaculaire mais trop cliché

Au final, ce premier épisode de GIGN n’est pas une catastrophe. Il se regarde facilement, les scènes d’action fonctionnent, Tomer Sisley est convaincant et le casting apporte une vraie solidité à l’ensemble.

Mais derrière l’efficacité immédiate, il manque encore ce petit quelque chose qui aurait permis à la série de sortir du simple divertissement militaire.

Entre les situations parfois peu crédibles, les personnages très archétypaux et une réalisation qui frôle parfois la publicité institutionnelle, GIGN donne surtout l’impression d’avoir voulu jouer la carte du spectaculaire avant celle de l’authenticité.

Je lui attribue donc 5/10.

La moyenne, principalement grâce à son casting et à ses scènes d’action. Mais pour l’instant, la mission n’est pas totalement réussie. Et contrairement aux membres du GIGN, je ne suis pas certaine d’avoir envie de repartir immédiatement sur le terrain pour la suite.

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