L’univers de The Big Bang Theory continue de s’étendre. Après Young Sheldon, centré sur l’enfance de Sheldon Cooper, puis Georgie & Mandy’s First Marriage, qui explorait davantage la comédie familiale, HBO Max prend enfin un véritable risque avec Stuart Fails to Save the Universe. Cette fois, exit la sitcom traditionnelle : place au multivers, à la science-fiction et même à quelques accents post-apocalyptiques.
Sur le papier, c’est probablement le spin-off le plus ambitieux de la franchise. Et c’est justement ce qui rend ce premier épisode aussi frustrant.
Un premier épisode qui change complètement les règles du jeu
Le premier épisode nous replonge auprès de Stuart Bloom, le propriétaire de la boutique de comics que les fans de The Big Bang Theory connaissent bien. À la suite d’un événement qui menace la réalité elle-même, Stuart se retrouve embarqué dans une aventure complètement improbable où les dimensions se mélangent et où le destin de l’univers semble désormais reposer sur ses épaules.
Très vite, une petite équipe se forme autour de lui. Denise, Bert, Barry Kripke et d’autres visages familiers viennent compléter cette drôle de bande, chacun apportant sa spécialité, comme si l’on était en train de constituer un groupe de jeu de rôle. Une idée qui fonctionne finalement très bien et qui colle parfaitement à l’ADN geek de la franchise.
On sent immédiatement que les créateurs veulent raconter une histoire plus ambitieuse que ce à quoi The Big Bang Theory nous avait habitués. Et franchement, je trouve que c’est une excellente décision.
Enfin un spin-off qui ose faire quelque chose de différent
Ce que j’apprécie le plus dans ce premier épisode, c’est justement son point de départ.
J’avais peur de retrouver une nouvelle sitcom familiale qui recycle les mêmes recettes que les précédents spin-offs. Au lieu de ça, la série ose partir sur une aventure de science-fiction avec un concept de multivers qui ouvre énormément de possibilités.
Et puis Stuart est finalement un excellent choix comme personnage principal.
Dans The Big Bang Theory, il était toujours un personnage secondaire attachant mais rarement au centre des intrigues. Ici, il devient le point d’entrée parfait dans cet univers complètement déjanté. Il y a énormément de choses à raconter avec lui et ce changement de perspective apporte un vrai vent de fraîcheur.
Même les personnages secondaires fonctionnent plutôt bien. Ils gardent leurs personnalités d’origine, ce qui évite de les dénaturer, et leur dynamique donne presque l’impression de suivre une campagne de Donjons & Dragons où chacun possède sa propre classe et son rôle dans l’équipe.
Bref, tout est en place pour une aventure vraiment sympathique.
Enfin… presque.
Le problème, c’est que personne n’a pensé à écrire des blagues
Parce que oui, Stuart Fails to Save the Universe reste censée être une comédie.
Et c’est précisément là que le premier épisode s’effondre.
Je n’ai pas ri une seule fois.
Je crois même que je n’ai pas esquissé le moindre sourire pendant toute la durée de l’épisode.
Ce n’est pas parce que les blagues sont gênantes.
Ce n’est pas parce que l’humour est cringe.
C’est surtout parce que j’ai eu l’impression que le scénario oubliait complètement d’essayer d’être drôle.
Le pilote passe énormément de temps à installer son univers, expliquer ses règles et présenter ses personnages. C’est évidemment indispensable, surtout avec un concept aussi ambitieux. Mais il le fait au détriment de ce qui faisait l’identité de The Big Bang Theory : son humour.
Je suis restée incroyablement passive devant cet épisode.
Il se regarde sans difficulté, mais il manque ce petit quelque chose qui donne envie de rire ou simplement de passer un bon moment. Tout est étonnamment plat.
Le fan service finit par ressembler à un catalogue
Évidemment, impossible de lancer un spin-off de The Big Bang Theory sans faire revenir quelques anciennes têtes connues.
Le problème, c’est que tous ces retours n’ont pas le même intérêt.
La présence de Raj fonctionne plutôt bien parce qu’elle sert réellement l’intrigue. On est content de le retrouver et il apporte quelque chose à l’histoire.
Pour le reste…
J’ai parfois eu l’impression que le premier épisode cochait simplement des cases.
« Tiens, on remet celui-là. Ah, et lui aussi. Les fans seront contents. »
Le meilleur exemple reste probablement le passage avec Penn & Teller. Cette scène est clairement pensée comme un grand moment comique, mais je l’ai trouvée étonnamment fade. Je me suis surtout demandé ce qu’ils faisaient là.
Le fan service n’est pas un problème en soi. Encore faut-il qu’il raconte quelque chose.
Même le générique finit par me mettre mal à l’aise
Je peux facilement pardonner des effets spéciaux inégaux. On sent que la série ambitionne de faire beaucoup avec des moyens qui semblent parfois limités.
En revanche, j’ai beaucoup plus de mal avec le générique.
Les messages qui apparaissent pour demander aux spectateurs de ne pas passer l’introduction, tout en plaisantant sur le manque de budget de la série, veulent clairement installer un ton méta.
Sauf que, personnellement, ça ne fonctionne pas du tout.
Au lieu de sourire, j’ai eu l’impression que la série s’excusait presque par avance.
Comme si elle disait :
« On sait que ce n’est pas toujours très réussi… mais soyez indulgents, on n’avait pas beaucoup d’argent. »
L’autodérision peut être très drôle. Ici, elle m’a surtout mise mal à l’aise.
Un pilote frustrant plus que raté
C’est probablement ce qui résume le mieux mon ressenti.
Je ne pense pas que ce premier épisode soit mauvais.
Je pense surtout qu’il est frustrant.
Parce que son concept est excellent.
Parce que Stuart est un bon personnage principal.
Parce que l’équipe fonctionne.
Parce que le mélange entre science-fiction, multivers et culture geek est réellement prometteur.
Mais tout cela ne suffit pas lorsque la série oublie sa mission principale.
Faire rire.
Je reste persuadée que ce concept peut donner quelque chose de vraiment réussi. Les bases sont là, et l’univers proposé donne envie d’en voir davantage.
En revanche, si je dois juger uniquement ce premier épisode, je ressors avec une drôle d’impression : celle d’avoir regardé une comédie qui avait tout prévu… sauf les blagues.
Ma note : 5/10.
Une idée de comédie géniale.
Dommage que le premier épisode ait oublié d’être une comédie.

