Après Chicago et Wednesday, Catherine Zeta-Jones enfile un costume nettement moins glamour (ou plutôt, tout aussi glamour mais beaucoup plus taché de sang) pour Kill Jackie. Warner Bros. Discovery vient d’acquérir cette série en huit épisodes pour HBO Max, qui débarquera en 2026 dans plusieurs territoires clés : Espagne, Portugal, Suède, Danemark, Norvège, Finlande, Islande, France et Belgique. Autant dire que la plateforme ne fait pas les choses à moitié.
L’actrice y campe Jackie, ancienne dealeuse reconvertie en marchande d’art huppée, dont le passé peu reluisant refait surface au pire moment possible. Elle devient la cible des Sept Démons, un escadron d’assassins présenté comme le plus terrifiant de la planète, parce qu’apparemment, il fallait absolument un nom à consonance biblique pour des tueurs à gages, on n’est jamais trop original dans le genre thriller.
Vengeance, humour noir et un fiscaliste dans le rôle du comic relief
Quand un drame pousse Jackie à ressortir ses vieux réflexes de tueuse, elle décide de liquider ses poursuivants un par un. Sauf que, twist obligé, ses propres démons intérieurs s’avèrent bien plus effrayants que les tueurs à ses trousses, et ses secrets enfouis la ramènent beaucoup plus près de chez elle qu’elle ne l’imaginait. Une mécanique scénaristique qu’on a déjà vue mille fois, mais qui promet ici d’être portée par un rythme soutenu et une bonne dose d’auto-dérision.
Pour l’humour justement, on comptera sur Daniel Ings (Le Chevalier des Sept Couronnes) dans le rôle du faire-valoir de Jackie : son fiscaliste, allergique à la violence, censé apporter la légèreté nécessaire à ce thriller qui se veut aussi twisté que comique. Un duo improbable entre une ex-criminelle sanguinaire et un comptable trouillard, le genre de contraste qui fonctionne à merveille ou tombe complètement à plat, sans juste milieu possible.
Une adaptation signée Gangs of London et Killing Eve
Côté écriture, on retrouve Tom Butterworth (Gangs of London) et Conor Keane, qui adaptent The Price You Pay, roman signé Nick Harkaway sous le pseudonyme d’Aidan Truhen. La réalisation principale revient à Damon Thomas, qui a fait ses preuves sur Killing Eve, une référence qui n’est probablement pas un hasard tant Kill Jackie semble vouloir surfer sur ce mélange d’action stylée et de personnages féminins ambigus qui a si bien fonctionné pour Phoebe Waller-Bridge et consorts.
Le casting s’étoffe avec une autre habituée de HBO, Sidse Babett Knudsen (Borgen, Prime Target), aux côtés d’Óscar Jaenada, Hattie Hook, Darci Shaw, Raff Law, Julian Barratt et Bill Paterson, entre autres.
Bilbao en toile de fond, entre Guggenheim et zones industrielles
Produite par Fremantle et Steel Spring Pictures, en partenariat avec la société basque Deabru Kalea Filmeak, la série a été tournée dans et autour de Bilbao. On peut donc s’attendre à un défilé de décors typiques : le Guggenheim, l’architecture belle époque, les quais le long de l’estuaire et la campagne environnante, de quoi donner un cachet visuel distinctif à une série qui, sur le papier, ne réinvente pas franchement le genre du thriller vengeur.
Avec cette acquisition par HBO Max, une vente multi-territoires à Prime Video et un accord récent avec AMC+ aux États-Unis, Kill Jackie a d’ores et déjà verrouillé la majorité des grands marchés mondiaux avant même sa diffusion. Un joli coup commercial, reste à voir si la série tiendra ses promesses à l’écran.

