Après avoir laissé filer A Court of Thorns and Roses, Hulu retente sa chance dans l’univers de la romantasy avec une adaptation de The Poison Daughter, phénomène d’autoédition signé Sheila Masterson. Un pari qui sent bon la course à la licence virale, alors que le genre continue d’inonder les plateformes de streaming.
Un pouvoir mortel et un mariage compliqué
Le pitch de The Poison Daughter a de quoi séduire les amateurs du genre : Harlow Carrenwell, benjamine de la famille fondatrice et magique de Lunameade, tue instantanément toute personne qu’elle embrasse, et c’est précisément ce qu’elle recherche. Elle utilise ce don pour éliminer méthodiquement les opposants de sa famille. Jusqu’au jour où elle embrasse une cible qui, contre toute attente, survit. Pire encore : cet homme invincible n’est autre que son propre fiancé, Henry Havenwood, qui découvre du même coup sa double vie.
Un concept enemies-to-lovers qui coche toutes les cases du genre romantasy actuellement en pleine explosion, entre magie, romance toxique et rebondissements dramatiques bien sentis.
Du succès viral à l’adaptation télé, la trajectoire classique
Autoédité en octobre 2025, The Poison Daughter a connu un succès fulgurant : plus de 250 000 exemplaires vendus et trois apparitions dans la liste des meilleures ventes du USA Today, avant d’être racheté par la maison d’édition Slowburn en avril 2026. La version reliée et le livre audio sortiront aux États-Unis et au Royaume-Uni le 18 août 2026, avec une traduction prévue dans vingt langues. Une ascension éclair qui illustre parfaitement comment un roman autoédité peut, en quelques mois à peine, devenir un actif convoité par les studios.
Sheila Masterson sera productrice exécutive de l’adaptation, dont le studio 20th Television est actuellement à la recherche d’un scénariste. Rien de très surprenant à ce stade précoce du développement, mais on connaît la chanson : entre l’annonce et la diffusion effective, bien des projets s’évaporent en cours de route.
Hulu, un terrain déjà miné pour la romantasy
Et c’est bien là que le bât blesse. Hulu et 20th Television avaient déjà tenté leur chance avec A Court of Thorns and Roses, l’une des sagas romantasy les plus populaires signée Sarah J. Maas, avec Ron Moore (Outlander) aux commandes. Après plusieurs années de développement, le projet a finalement été abandonné. Autant dire que la plateforme n’est pas exactement en position de force pour rassurer les fans du genre.
Pendant ce temps, la concurrence avance sans complexe : Prime Video a donné son feu vert en mai dernier à une adaptation de Fourth Wing, la saga à succès de Rebecca Yarros, tandis que Sony Pictures Television planche depuis un moment sur From Blood and Ash de Jennifer L. Armentrout. Amazon MGM Studios, de son côté, développe un film tiré de Shield of Sparrows de Devney Perry. Autant dire que le marché de la romantasy adaptée est en train de devenir aussi encombré que les étagères « à lire » des booktokeuses.
L’autoédition, nouvelle mine d’or hollywoodienne
Ce projet s’inscrit dans une tendance bien installée : celle des livres autoédités devenant de véritables succès à l’écran. The Poison Daughter espère ainsi rejoindre le club fermé des réussites du genre, aux côtés de The Martian d’Andy Weir, Silo de Hugh Howey, Heartstopper d’Alice Oseman, ou encore Fifty Shades of Grey d’E.L. James. Sans oublier les figures emblématiques de Wattpad devenues franchises : la série The Culpables de Mercedes Ron, My Life with the Walter Boys d’Ali Novak, The Kissing Booth de Beth Reekles, et la saga After d’Anna Todd.
Sheila Masterson n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai : son catalogue comprend également la romance gothique fantastique Song of the Dark Wood, le quatuor romantasy The Lost God, ainsi que son spin-off autonome A Legacy of Stars. De quoi alimenter, si le premier projet fonctionne, un véritable univers étendu pour Hulu.
Reste à savoir si The Poison Daughter parviendra là où A Court of Thorns and Roses a échoué. Le genre a le vent en poupe, la plateforme a des billes à jouer, mais l’historique récent de Hulu en la matière incite à garder ses attentes… raisonnablement mesurées.

