Il y a des épisodes de Star Wars qui veulent absolument changer la face de la galaxie. Et puis il y a Star Wars Visions Presents: The Ninth Jedi, qui semble surtout vouloir nous rappeler qu’on peut encore faire de très jolies choses avec des sabres laser, des robots et beaucoup, beaucoup de lumière dramatique.
Et franchement, je ne vais pas lui reprocher.
Disponible sur Disney+, Star Wars Visions Presents: The Ninth Jedi est une nouvelle déclinaison de l’anthologie Star Wars: Visions. Le principe reste le même : explorer une galaxie très, très lointaine à travers une proposition d’animation qui peut s’affranchir des contraintes habituelles de la saga. Cette fois, la série nous emmène dans une aventure qui s’intéresse notamment aux Jedi, aux sabres laser et à une menace qui va évidemment finir par venir mettre un joyeux bazar dans tout ça.
Je précise tout de suite : je n’avais pas vu l’épisode original de Star Wars: Visions auquel cette histoire fait suite. Et ça se sent un petit peu. Pas au point de m’empêcher de comprendre ce que je regarde, heureusement, mais suffisamment pour que je me demande parfois qui sont exactement ces gens et pourquoi je suis censée être émotionnellement investie dans leur destin.
Mais finalement, ce n’est pas ce qui m’a le plus gênée.
Parce que si The Ninth Jedi ne réinvente pas franchement l’univers Star Wars, il possède un argument difficile à ignorer : c’est absolument magnifique.
Une histoire classique, mais un twist qui fait son petit effet
L’épisode repose sur une mécanique assez classique. On retrouve les ingrédients que l’on connaît bien : des Jedi, des sabres laser, des enjeux mystérieux, des personnages qui semblent cacher des choses et une menace qui plane gentiment au-dessus de tout ce petit monde.
Je ne vais donc pas prétendre que j’ai été renversée par l’originalité de l’intrigue.
L’histoire fonctionne, elle avance efficacement, elle sait où elle veut aller, mais elle ne cherche pas particulièrement à réinventer la roue. Ou le sabre laser. Ou la roue du sabre laser. Bref, vous avez compris.
Et pourtant, le dernier acte parvient à réveiller un peu ma curiosité grâce à un twist qui, sans être forcément le plus gros retournement de l’histoire de la télévision, a le mérite de poser une vraie question.
Et c’est finalement ce que j’attends d’un épisode comme celui-ci : qu’il me donne envie de réfléchir à ce que je viens de voir plutôt que de simplement me faire patienter jusqu’au générique.
Le twist final fonctionne donc surtout parce qu’il ouvre une porte. Il ne donne pas forcément toutes les réponses et, surtout, il permet de regarder ce qui précède sous un autre angle.
Ce n’est pas révolutionnaire. Mais c’est suffisamment malin pour que je me dise : « Ah. D’accord. Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait de ça ? »
Et rien que pour ça, je valide.
Les personnages auraient mérité un peu plus de présentation
Là où j’ai davantage ressenti une petite frustration, c’est du côté des personnages.
Ils sont intéressants. Il y a suffisamment de personnalité et de potentiel pour que je me dise que j’ai envie d’en savoir davantage sur eux. Le problème, c’est que comme je n’ai pas vu l’épisode original de Star Wars: Visions, j’ai parfois eu la sensation d’arriver en cours de route.
Je comprends ce qui se passe. Je comprends les enjeux principaux. Je peux suivre l’histoire sans sortir mon petit carnet de notes et écrire « alors lui, c’est qui déjà ? » toutes les cinq minutes.
Mais j’ai quand même l’impression qu’il me manque quelques cases à remplir.
L’épisode ne prend pas vraiment le temps de me présenter ses personnages comme il le faudrait pour que je m’attache immédiatement à eux. Certains éléments semblent déjà acquis, certaines relations sont déjà installées et je dois donc faire avec ce que l’on me donne.
Ce n’est pas rédhibitoire, loin de là. Mais c’est probablement le point sur lequel j’aurais aimé que l’épisode fasse un petit effort supplémentaire.
Parce que je ne demande pas forcément une exposition de 45 minutes avec un narrateur qui vient m’expliquer la généalogie de chaque personnage. Mais deux ou trois petites scènes supplémentaires pour comprendre qui ils sont, ce qu’ils veulent et pourquoi je devrais m’inquiéter pour eux auraient été appréciables.
Heureusement, il y a Gramps.
Et Gramps, je l’aime.
Ce robot est probablement l’une des meilleures petites surprises de l’épisode. Il apporte une dose d’humour bienvenue et possède cette capacité très Star Wars à faire sourire sans avoir besoin de transformer chaque scène en sketch.
Et soyons honnêtes : dans une galaxie où tout le monde a l’air d’avoir vécu au moins trois traumatismes avant le petit-déjeuner, un robot drôle est toujours une bonne idée.
Visuellement, c’est une vraie réussite
Mais alors, là où The Ninth Jedi m’a vraiment attrapée, c’est avec son animation.
Le style visuel est superbe.
Et je ne parle pas simplement de « c’est joli pour de l’animation ». Non. L’épisode possède une véritable identité graphique. Les décors sont particulièrement travaillés et donnent l’impression d’évoluer dans un univers qui existe réellement en dehors des quelques personnages que la caméra suit.
C’est probablement ce qui m’a le plus marquée pendant le visionnage.
J’aime quand une animation ne se contente pas de faire bouger des personnages sur un décor fonctionnel. Ici, les environnements participent réellement à l’ambiance. Il y a une attention portée aux textures, aux architectures et aux différents espaces qui permet à l’épisode de construire son propre imaginaire.
Et puis il y a le travail sur les couleurs et la lumière.
Et là, je dois dire que j’ai parfois passé plus de temps à regarder l’image qu’à réfléchir à l’intrigue.
Ce qui n’est peut-être pas forcément le meilleur argument pour vendre le scénario, mais qui est clairement un compliment pour l’équipe d’animation.
Les contrastes lumineux donnent énormément de personnalité aux scènes. Les couleurs permettent de créer des ambiances différentes et participent directement à la mise en scène. C’est particulièrement efficace dans les séquences d’action, où la lumière n’est pas simplement là pour faire joli : elle donne du relief aux mouvements et renforce le spectaculaire.
Bref, c’est le genre d’épisode que j’aurais volontiers mis sur pause plusieurs fois juste pour regarder le décor.
Oui, je suis cette personne.
Les combats sont particulièrement réussis
Et évidemment, qui dit Star Wars dit probablement sabres laser.
Je ne sais pas qui, chez Disney, a décidé que les sabres laser devaient systématiquement bénéficier d’un traitement aussi spectaculaire, mais je demande à ce que cette personne continue son travail.
Les combats sont très bien réalisés et bénéficient énormément du travail visuel de l’épisode. Les mouvements sont fluides, la mise en scène sait quand accélérer et quand laisser respirer l’action, et surtout, les couleurs et la lumière viennent encore une fois donner beaucoup de personnalité aux affrontements.
Je ne vais pas vous faire croire que j’ai soudainement développé une expertise en arts martiaux après 20 minutes de sabres laser.
Mais je sais reconnaître une scène d’action qui fonctionne.
Et ici, ça fonctionne.
L’épisode comprend très bien que les combats ne sont pas uniquement là pour remplir du temps d’écran. Ils doivent raconter quelque chose, créer de la tension et surtout être lisibles. Et je préfère largement ça à une succession de mouvements ultra rapides dans laquelle je ne comprends plus qui frappe qui et pourquoi la moitié du décor vient soudainement d’exploser.
Les affrontements sont donc probablement parmi les moments que je retiens le plus de ce premier épisode.
Un bonus pour les fans plutôt qu’une révolution
C’est finalement là que se trouve ma principale réserve.
Star Wars Visions Presents: The Ninth Jedi est une bonne surprise. Mais je ne suis pas certaine qu’il soit particulièrement indispensable.
Et je pense qu’il faut accepter ça.
Tout ce qui porte le logo Star Wars n’a pas besoin de révolutionner l’univers, de redéfinir la Force ou de révéler un secret qui changera notre compréhension de toute la saga.
Parfois, on peut simplement raconter une petite histoire dans cet univers.
Et c’est exactement ce que fait cet épisode.
Il ne m’a pas donné l’impression d’apporter énormément de nouvelles choses à l’univers Star Wars. Il joue avec ses codes, il propose sa propre esthétique, il s’amuse avec les Jedi et les sabres laser, mais je ne suis pas sortie de mon visionnage en me disant que la mythologie venait de prendre un virage à 180 degrés.
Et honnêtement ? Ce n’est pas grave.
Je le vois davantage comme un bonus pour les fans.
Une petite aventure qui permet de retrouver certains éléments familiers tout en profitant d’une animation particulièrement soignée. Ce n’est pas nécessaire pour comprendre la grande histoire de Star Wars. Ce n’est pas non plus le genre de série qui va complètement bouleverser votre vision de la saga.
Mais si vous aimez l’univers et que vous avez envie de voir ce que des artistes peuvent en faire lorsqu’ils disposent d’un peu de liberté, alors l’expérience vaut clairement le détour.
Alors, on regarde ou pas ?
Oui.
Et je suis presque surprise de dire ça aussi rapidement parce que l’épisode possède quand même quelques défauts assez évidents.
L’histoire est classique. La présentation des personnages aurait mérité d’être plus développée, surtout pour quelqu’un comme moi qui débarque sans avoir vu l’épisode précédent. Et surtout, l’ensemble n’apporte finalement pas grand-chose de fondamental à l’univers Star Wars.
Mais malgré tout ça, je me suis amusée.
J’ai aimé son style visuel. J’ai adoré les décors. J’ai apprécié le travail sur les couleurs et la lumière. Les combats sont franchement réussis et Gramps est suffisamment drôle pour mériter sa petite médaille personnelle.
Surtout, le twist final m’a donné envie de réfléchir à ce que l’épisode cherchait à raconter et m’a laissé avec une question plutôt intéressante.
Et finalement, c’est peut-être ça qui me fait mettre 7/10 à ce premier épisode.
Je ne suis pas devant une révolution de la galaxie très, très lointaine. Je ne pense pas non plus que The Ninth Jedi soit indispensable à qui que ce soit pour comprendre Star Wars.
Mais j’ai passé un bon moment.
Et parfois, une jolie histoire de Jedi avec des combats bien animés, des décors magnifiques, des lumières qui claquent et un robot rigolo, c’est déjà largement suffisant.

