NewsDoomsweepers : des concierges vont sauver le monde (et c'est visuellement délicieux)

Doomsweepers : des concierges vont sauver le monde (et c’est visuellement délicieux)

Il y a des idées qui semblent tellement évidentes une fois qu’on les entend qu’on se demande pourquoi personne n’y a pensé avant. Doomsweepers en fait clairement partie. Cette série animée australienne, mi-comédie mi-horreur, un « zom-com » comme on dit dans le jargon, met en scène des concierges dans un mystérieux centre de recherche qui passent, en gros, de la corvée de nettoyage de la salle du personnel à celle de sauver la planète en l’espace d’une journée. On applaudit déjà le twist scénaristique le plus improbable de l’année.

Le projet est signé Sarah Harper, réalisatrice connue pour son travail sur Monkie Kid, qui a créé cette série avec le studio d’animation 2D sydnéien Flying Bark en tant que producteur. À bord également : Lightfold, la structure de bandes dessinées et d’animation fondée par Olan Rogers et pensée pour connecter les créateurs directement à leur public.

Un financement participatif pour donner vie aux concierges les plus héroïques de l’animation

Fait notable : une campagne de crowdfunding a été lancée en collaboration avec Lightfold pour aider à financer la suite du projet, accompagnée d’un premier trailer diffusé sur YouTube pour appuyer la levée de fonds. La semaine précédente, Flying Bark et Lightfold avaient déjà dévoilé un teaser, mais sans donner de détails concrets, histoire de faire monter la sauce avant de dévoiler le plat principal.

Voici le synopsis officiel : « Dans un mystérieux centre de recherche, Doomsweepers suit une équipe de concierges marginaux qui passent du nettoyage de la salle du personnel un jour, à sauver le monde le lendemain, dévoilant au passage le secret le mieux gardé du centre. » On ne va pas se mentir, l’idée de héros malgré eux issus du bas de l’échelle hiérarchique a un charme indéniable, et on parie que ça va bien mieux fonctionner que l’énième reboot de super-héros musclés et torturés.

Une direction artistique haute en couleur, loin du sombre et du dystopique

Les producteurs insistent d’ailleurs sur ce point : la « direction artistique aux couleurs bonbon » apporte selon eux une énergie vibrante et unique, offrant une véritable alternative visuelle au contenu sombre, dystopique et apocalyptique qui sature un peu le marché ces dernières années. Un choix qui tranche agréablement avec la tendance générale du « tout doit être gris et déprimant pour être pris au sérieux », parce que oui, on peut sauver le monde tout en ayant l’air d’un dessin animé pour enfants des années 90, et c’est très bien comme ça.

Flying Bark et Lightfold, un duo qui connaît son métier

Flying Bark n’est pas un perdreau de l’année en matière d’animation 2D. Basé en Australie avec des antennes à Sydney, Los Angeles et Madrid, le studio a notamment travaillé sur Stranger Things: Tales From ’85 pour Netflix, Avatar Aang: The Last Airbender pour Paramount, ainsi que la série originale Shaun Tan’s Tales from Outer Suburbia. Une filmographie qui inspire confiance sur le savoir-faire technique du projet, quand bien même le pari artistique reste audacieux.

De son côté, Lightfold a été fondé en 2023 par Olan Rogers (créateur de Final Space) et le producteur Forrester Kane, avec pour mission de développer des projets animés ayant un lien direct avec leur public. Leur pilote animé financé par crowdfunding, Godspeed, a d’ailleurs déjà cumulé plus de 2,2 millions de vues sur YouTube depuis son lancement il y a trois ans. Autant dire que le duo sait comment mobiliser une communauté, un atout non négligeable pour une campagne de financement participatif.

Une histoire née dans le chaos bien réel de 2019

Ce qui rend Doomsweepers particulièrement touchant, c’est son origine. Sarah Harper, également connue pour Glitch Techs et Rise of the Teenage Mutant Ninja Turtles chez Nickelodeon, a développé ce qu’elle qualifie de « projet profondément personnel inspiré par des héros de l’ombre ». L’idée est née en 2019, alors que l’Australie affrontait des feux de brousse catastrophiques, avant d’être frappée par une pandémie mondiale peu après.

« Dans ces moments d’incertitude, je me suis retrouvée attirée par les histoires de gens ordinaires qui se sont levés quand ça comptait le plus », explique-t-elle. « Les Doomsweepers ne sont pas des héros typiques : ce sont des concierges dans un centre technologique, ignorés et sous-estimés. Mais quand le chaos éclate, ils se montrent à la hauteur, prouvant que le courage peut venir des endroits les plus inattendus. »

Une intention scénaristique sincère et assez rafraîchissante dans un paysage animé souvent obsédé par les super-pouvoirs et les prophéties épiques. Ici, on récompense le balai et la serpillière plutôt que la cape et l’épée, et franchement, ça nous change agréablement.

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