Après le triomphe aux Emmy de Shōgun, Hulu remet le couvert sur le thème de l’Occidental perdu au Japon, mais cette fois, on quitte les samouraïs du XVIIe siècle pour un ramen-ya de Tokyo au XXIe siècle. La série s’appelle Gaijin, littéralement « étranger » ou « outsider » en japonais, et elle a de sérieux arguments pour convaincre : un scénario inspiré d’une histoire vraie savoureuse, un exec producer qui a déjà fait ses preuves sur Shōgun, et Joseph Gordon-Levitt à la fois devant et derrière la caméra.
De la vraie vie d’Ivan Orkin à la fiction télévisée
Gaijin s’inspire de l’histoire authentique d’Ivan Orkin, ce chef new-yorkais devenu une légende du ramen en ouvrant des restaurants à succès à Tokyo, avant d’étendre son empire Ivan Ramen jusque dans sa ville natale et à Londres, au point de décrocher sa propre place dans la saison 3 de Chef’s Table sur Netflix. Une trajectoire suffisamment romanesque pour donner naissance à une série entière, et on comprend pourquoi : abandonner une école de cuisine, perdre sa femme, déménager avec son fils dans un pays dont on parle à peine la langue pour finalement ouvrir un restaurant… difficile de trouver plus dramatique sans forcer le trait.
Le pitch : deuil, culture-clash et bols de ramen fumants
Dans la série, Ivan (Joseph Gordon-Levitt) est un ancien étudiant en école de cuisine qui déménage spontanément à Tokyo avec son jeune fils après le décès de sa femme, dans l’espoir désespéré de garder un lien avec le pays natal de celle-ci. Il s’installe chez ses beaux-parents, qu’il connaît à peine et n’apprécie pas franchement plus, et se lance dans un projet qu’il caresse depuis longtemps : ouvrir son propre restaurant, en l’occurrence un ramen-ya. Entre les difficultés du quotidien, les chocs culturels et les moments comiques dignes d’un Lost in Translation version sitcom, Ivan devra mener une tâche herculéenne : reconstruire une entreprise… et une vie. Un pitch qui a tout pour plaire, à condition que la série évite l’écueil facile du « gentil Américain qui sauve tout grâce à sa bonne volonté », un piège dans lequel ce genre de récit tombe un peu trop souvent.
Une équipe qui connaît déjà bien le Japon (télévisuel)
Derrière Gaijin, on retrouve Shannon Goss, coproductrice exécutive et scénariste sur Shōgun, où elle a partagé l’Emmy de la Meilleure Série Dramatique pour la saison 1. Elle a également coproduit The Walking Dead: Daryl Dixon pour AMC. Goss coproduit Gaijin aux côtés d’Ivan Orkin lui-même, de Joseph Gordon-Levitt et de Jared Geller via sa société Hit Record, ainsi que Mark Fasano, Matthew Goldberg, Mike Blutstein et Andrew Gottlieb pour Nickel City Pictures. La série est développée pour Hulu et produite par le studio Lionsgate Television.
Joseph Gordon-Levitt, entre ramen et thriller à l’IA
Joseph Gordon-Levitt n’est visiblement pas du genre à chômer. Pendant qu’il prépare son rôle dans Gaijin, l’acteur a également au programme Pendulum pour Vertical, aux côtés de Phoebe Dynevor, Jacki Weaver et Norman Reedus, ainsi qu’un thriller sur l’intelligence artificielle pour Netflix, qu’il a lui-même co-écrit et réalisé, avec un casting quatre étoiles composé de Rachel McAdams, Jeff Daniels, Joel Edgerton, Caleb McLaughlin et Alfre Woodard. Ancien enfant star de 3rd Rock From the Sun, on l’a récemment vu dans Mr. Corman, Super Pumped et Poker Face, autant dire qu’il n’a plus rien à prouver côté séries. Reste à voir si son rôle de producteur-acteur sur Gaijin lui va aussi bien que le costume de samouraï allait à Hiroyuki Sanada.
Entre hommage culinaire et récit de reconstruction personnelle, Gaijin a toutes les cartes en main pour devenir le nouveau succès Hulu inspiré du Japon. Reste à espérer que la série évite les clichés habituels sur l’expatrié occidental et privilégie, comme son inspiration réelle, une authentique passion pour le ramen.

