Il aura fallu attendre cinq longs mois après la diffusion de la première saison pour que FX donne son feu vert à la suite d’Adults, la comédie qui suit cinq amis colocataires à Bayside, dans le Queens. Autant dire que Ben Kronengold et Rebecca Shaw, les créateurs de la série, ont eu tout le temps de peaufiner leur saison 2 pendant qu’ils attendaient un « oui » officiel. Résultat : un épisode prequel surprise, un triangle amoureux enfin assumé, et une anecdote Taylor Swift qu’on ne va évidemment pas laisser passer.
Une célébrité mystère qui s’identifie aux personnages
Entre les deux saisons, Kronengold et Shaw ont reçu un compliment qui a visiblement changé leur regard sur leur propre série. Une personnalité publique très connue leur aurait confié, en privé, adorer le show et se considérer comme un « hybride Samir-Billie », tout en aspirant à ressembler davantage à Anton. Kronengold refuse de révéler qui, mais on notera avec un clin d’œil complice que l’acteur Owen Thiele a récemment lâché sur son podcast que Taylor Swift suivait la série avec assiduité. Coïncidence ? On vous laisse juge.
Cette confidence a d’ailleurs directement influencé l’écriture de la saison 2 : à l’ouverture de la writers room, les créateurs ont demandé à toute l’équipe d’assigner à chaque personnage un « soleil, lune et ascendant » façon horoscope, pour mieux cerner leur complexité. Une méthode un peu ésotérique, certes, mais qui a visiblement porté ses fruits.
Un épisode prequel pour redémarrer sur de bonnes bases
Avant de plonger dans la saison 2, FX a proposé à Kronengold et Shaw de sortir un épisode surprise, façon origin story. Logique quand on sait que la série avait démarré en jetant les spectateurs directement au milieu d’un groupe d’amis déjà formé. L’occasion aussi d’attirer un nouveau public qui n’aurait pas suivi la première saison. Shaw en profite pour glisser que l’épisode contient deux « meet-cute » en un seul épisode : celui de Paul Baker et Issa, mais aussi une allusion à un lien plus profond entre Paul Baker et Anton. Rien que ça.
Le triangle amoureux, enfin traité avec sérieux
La grande question de cette saison 2, c’est évidemment le triangle amoureux teasé dans le cliffhanger final de la saison 1 : Anton et Paul Baker partagent une connexion, Paul Baker sort avec Issa, et Anton et Issa sont meilleurs amis. Un vrai casse-tête sentimental, digne d’un croisement entre Friends et Challengers, référence assumée par les créateurs eux-mêmes, qui citent explicitement Luca Guadagnino et son fameux « tous les côtés du triangle doivent se toucher ».
Shaw explique que dans le premier épisode de la saison, Issa choisit de faire l’autruche face au baiser qu’elle a surpris entre Anton et Paul Baker, pas assez de thérapie derrière elle pour l’affronter de front, alors elle reporte toute son énergie sur une trahison bien plus digeste : découvrir que Paul Baker a un groupe d’amis secret. Une gestion très « vingtaine typique » du problème, entre déni et transfert émotionnel. On ne peut pas dire que ce ne soit pas réaliste.
Une leçon apprise directement auprès des créateurs de Friends
Petit moment d’humilité savoureux : avant de tourner la première saison, Kronengold et Shaw ont pu échanger avec Marta Kauffman et David Crane, les créateurs de Friends, sur la façon de gérer les intrigues d’un ensemble de personnages. Contrairement à ce qu’ils imaginaient, la réponse n’était pas « laissez-vous porter » mais bien l’inverse : il faut tenir un compte précis de qui a une intrigue avec qui, épisode après épisode, pour ne jamais laisser un personnage sur le carreau. Une discipline d’écriture qu’on retrouve visiblement dans cette saison 2, avec des duos inattendus comme Paul Baker et Billy, ou Issa et Samir, ce dernier binôme donnant lieu à une intrigue autour de la congélation d’ovocytes qui, sans surprise, part complètement en vrille.
Pas de dispute qui dure, mais des blagues qui osent tout
Autre parti pris assumé : les créateurs refusent les histoires où des personnages ne se parlent plus pendant cinq épisodes. « C’est une histoire d’amour entre cinq personnes », rappelle Kronengold, « on n’est pas intéressés par une rupture amicale ». La tension existe, mais toujours au service d’une amitié qui se renforce. Quant à l’audace des blagues, la scène d’ouverture de la série avec un homme se masturbant dans le métro reste dans toutes les mémoires, Kronengold assume totalement, rappelant que Nick Kroll, producteur exécutif du show, sait aussi loin qu’on peut aller. Mais ce qui compte vraiment pour les créateurs, c’est ce qui se passe juste après la blague : le vrai sujet de la série, selon eux, c’est de voir des amis soutenir sans faille quelqu’un qui vient de faire une énorme bêtise, même si trente secondes plus tôt ils le suppliaient d’arrêter.
Toronto en guise de Queens, et des guest-stars de choix
Tournée à Toronto alors que l’action se déroule à New York, la série s’est transformée en une sorte de colonie de vacances pour le casting, selon Shaw, qui va jusqu’à affirmer que le vrai sixième personnage de la série n’est pas la ville, mais la maison elle-même. Côté guest-stars, la saison 2 s’offre du beau monde : Raven-Symoné, amie d’Owen Thiele dans la vraie vie, incarne un membre de la famille d’Anton, et jure comme rarement on l’a entendue le faire à l’écran. Gaten Matarazzo (oui, celui de Stranger Things) enfile un costume plus « sexy » qu’à l’accoutumée, entraîné dans une salle de bain par Billie. Et cerise sur le gâteau méta : Zosia Mamet fait une apparition pour lancer aux personnages une réplique qui sonne comme un clin d’œil à sa propre carrière : « Vous pensez être les premiers à être jeunes et adorables à New York ? »
En résumé
Entre triangle amoureux qui prend enfin le temps de se déployer, hommage appuyé à Friends, et guest-stars qui jouent le jeu du décalage, cette saison 2 d’Adults a visiblement de quoi satisfaire les fans qui attendaient depuis huit mois. Reste à voir si la série continuera à convaincre au-delà de son noyau dur, et si Taylor Swift, toujours pas officiellement confirmée comme la fameuse « célébrité mystère », validera cette nouvelle salve d’épisodes.

