Il aura fallu attendre depuis WandaVision, mais Paul Bettany reprend enfin son rôle culte de Vision, cette fois dans VisionQuest, série Disney+ de huit épisodes attendue pour le 14 octobre. Et le trailer donne d’emblée le ton : loin des combats épiques et des costumes moulants, on retrouve Vision sous sa forme humaine, en train de fermer boutique dans un pub après le service. Une reconversion pour le moins inattendue pour un ancien Avenger, mais qui colle parfaitement à l’ambiance mélancolique que la série semble vouloir installer.
Un collègue de bar lui rappelle, mine de rien, l’époque où il venait « tout le temps avec cette rousse », référence évidente à Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen). Vision, le regard posé sur les initiales « W+V » gravées dans le bois du comptoir, répond simplement : « J’étais quelqu’un d’autre à l’époque. » Une phrase qui résume bien l’ambiance générale du trailer : celle d’un personnage hanté par ce qu’il a perdu, et qui tente tant bien que mal de faire avec.
Deux vies, deux formes, et une bonne dose de crise existentielle
Quand son collègue lui demande si quelqu’un l’attend le soir, Vision répond d’un laconique « Non, non. Chez moi, il n’y a que moi, » avant de se rendre dans un placard à l’arrière du pub pour reprendre sa forme android, et rejoindre ce qui s’apparente à son véritable « chez lui » : un univers alternatif logé dans sa propre tête. Le concept a le mérite d’être original, même si on sent bien que Marvel continue d’explorer sans relâche le filon du multivers et de l’identité fracturée, façon Loki ou WandaVision avant lui.
« Qui suis-je ? J’étais un Avenger, mais je ne suis plus un héros, » confie Vision en voix off, une ligne qui sonne comme la promesse d’une série résolument tournée vers l’introspection plutôt que vers l’action pure. Dans cet espace mental, Ultron (James Spader, égal à lui-même) fait son apparition sous forme android, avant de se voir sèchement recadré par Vision : « Avatars humains uniquement ! » J.A.R.V.I.S. (James D’Arcy), fidèle à son rôle de conscience raisonnable, met en garde Vision sur les dangers de garder Ultron dans les parages. Ce dernier, en bon trublion sarcastique, ne se prive d’ailleurs pas de le charrier avec un « Papa ? Papi ? Pépé ? » qui promet quelques répliques savoureuses tout au long de la série.
Un come-back qui referme (ou pas) la boucle Wanda/Vision
Ce rôle marque le retour de Paul Bettany dans le MCU en prises de vue réelles depuis WandaVision, série pionnière du catalogue Marvel sur Disney+ qui le réunissait déjà avec Elizabeth Olsen. Pour rappel, le parcours de Bettany dans l’univers Marvel est particulièrement long : il a d’abord prêté sa voix à J.A.R.V.I.S. dès le premier Iron Man, avant d’incarner Vision en chair (et en métal) dans Avengers: Age of Ultron. Le personnage meurt ensuite tragiquement dans Avengers: Infinity War, quand Thanos lui arrache la Pierre de l’Esprit du front, plongeant Wanda dans une dépression qui allait devenir le point de départ de WandaVision.
Dans cette série, Wanda créait un monde fictif façon sitcom dans le New Jersey, où elle vivait une existence idéalisée avec un Vision amnésique et leurs deux enfants, Tommy et Billy. Une fois la supercherie révélée, le vrai Vision (affublé de son costume blanc) était ranimé avec sa mémoire complète restaurée, avant de s’envoler vers un destin incertain. Wanda, elle, disparaissait ensuite dans Doctor Strange in the Multiverse of Madness, après avoir viré méchante à plein régime.
VisionQuest semble donc vouloir reprendre ce fil en suspens, entre les deux formes du personnage et ses souvenirs de Wanda qu’il peine à démêler du réel et du fantasme.
Un casting qui rassemble (presque) tous les robots préférés de Marvel
Autre argument de vente non négligeable : la série réunit une brochette impressionnante d’intelligences artificielles emblématiques du MCU. James Spader reprend son rôle d’Ultron, Emily Hampshire incarne E.D.I.T.H., Orla Brady est F.R.I.D.A.Y., James D’Arcy retrouve son J.A.R.V.I.S., et T’nia Miller complète le tableau en Jocasta. Ruaridh Mollica, lui, incarne la version adulte de Tommy Maximoff, une nouvelle qui promet, à elle seule, de belles retrouvailles pour les fans les plus attentifs de la saga Wanda/Vision.
Bref, entre nostalgie assumée, humour grinçant et casting de robots bien exploité, VisionQuest a de quoi intriguer. Reste à voir si la série tiendra ses promesses d’introspection sans sombrer dans le fan-service facile.

