Netflix touche au but avec l’adaptation tant attendue de Cent ans de solitude, le chef-d’œuvre de Gabriel García Márquez qu’on jurait pourtant inadaptable depuis des décennies. La Partie 2, actuellement en streaming, a accueilli de nouveaux visages emblématiques du paysage télévisuel colombien, dont la légendaire Margarita Rosa de Francisco, et plusieurs acteurs se sont confiés à l’approche de l’épisode final, diffusé séparément. On a même la bande-annonce en exclusivité.
Un casting colombien qui pèse lourd dans la balance
Aux côtés des figures déjà installées de la série, Estefanía Piñeres, Emmanuel Restrepo et Sebastián Osorio rejoignent Margarita Rosa de Francisco pour cette seconde partie. Cette dernière, star incontournable en Amérique latine grâce à son rôle dans la série culte Café Con Aroma de Mujer, incarne Fernanda del Carpio, un rôle qui, selon ses propres mots, tient de l’exercice d’équilibriste. « C’est très intimidant de jouer un personnage dans une œuvre aussi importante, une œuvre que tant de critiques ont jugée impossible à adapter », confie-t-elle. Sa méthode : se glisser suffisamment dans le texte pour rester fidèle à l’esprit de l’œuvre, tout en faisant confiance aux scénaristes. Une déclaration qui sonne presque comme un aveu de soulagement collectif.
Sebastián Osorio, connu pour la telenovela Pasión de Gavilanes, campe Aureliano Babilonia et partage ce mélange d’excitation et de vertige face à l’ampleur du projet. Quant à Estefanía Piñeres (vue dans Malta et la minisérie Delirium), elle interprète Amaranta Úrsula et décrit ses personnages comme ayant « une qualité presque mythologique », limite demi-dieux, selon elle. Elle raconte d’ailleurs un moment particulièrement vertigineux sur le tournage : découvrir tous les acteurs ayant incarné les Buendía réunis sur le plateau, en tant que fantômes. On imagine sans peine le frisson.
Une production titanesque pour l’industrie colombienne
Au-delà du casting, c’est toute l’industrie audiovisuelle colombienne qui a profité de ce tournage pharaonique. Emmanuel Restrepo, qui incarne José Arcadio et qu’on avait pu voir dans Eva Lasting, évoque une mobilisation sans précédent : 1500 personnes ont travaillé sur le projet, entre acteurs, techniciens et artisans locaux chargés de recréer de toutes pièces la mythique bourgade de Macondo. « Tant de choses ont dû s’aligner pour que cette production voie le jour… Je n’ai jamais rien vu de tel, et j’espère revivre ça un jour », résume-t-il. Difficile de lui donner tort quand on connaît la réputation de « livre infilmable » qui collait à l’œuvre de García Márquez depuis des générations.
Qui est derrière la caméra
La Partie 2 a été écrite par José Rivera, Natalia Santa, Camila Brugés et María Camila Arias. Côté réalisation, Laura Mora et Carlos Moreno se sont partagé sept des huit épisodes, tandis qu’Alex García López (déjà à la manœuvre sur The Witcher) prend en charge l’épisode final. La production est signée Dynamo, basée à Bogotá. L’épisode de clôture débarque le 26 août.
Notre avis
Adapter Cent ans de solitude relevait presque de la mission suicide tant le roman de García Márquez a longtemps été considéré comme un monument littéraire hors de portée du petit écran. À en juger par les témoignages du casting, entre vertige, respect quasi religieux du matériau d’origine et ampleur logistique inédite pour l’industrie colombienne, Netflix semble avoir pris la mesure du défi plutôt que de le prendre à la légère. Reste à voir si l’épisode final du 26 août parvient à boucler la boucle avec la grâce que mérite l’œuvre. Rendez-vous très bientôt pour le verdict.

