Encore un roman à succès qui prend le chemin du petit écran, mais cette fois, l’attelage créatif derrière le projet a de quoi retenir l’attention. Marissa Jo Cerar, déjà responsable de l’excellente adaptation de Black Cake, s’attaque au thriller domestique Drowning in Paper Flowers d’E.L. Westbury, avec Jenna Bush Hager (oui, la fille de l’ancien président américain, reconvertie productrice) et Ben Spector de Thousand Voices à ses côtés, le tout chapeauté par Universal Global Television.
Une façade parfaite qui craque de partout
Le roman suit Ruby Powell, une femme au foyer d’âge mûr installée à Dallas, dont l’existence semble tout droit sortie d’un magazine de décoration intérieure : riche, belle, respectée dans sa communauté. Sauf que derrière cette vitrine soigneusement entretenue se cache une réalité nettement moins reluisante. Ruby traîne une insatisfaction profonde dans son mariage, un sentiment permanent d’être une mère inadéquate, et une dépendance aux anxiolytiques nourrie par des cauchemars récurrents. Sa fille adolescente la déteste, tandis que son fils de 6 ans souffre de stress post-traumatique après un enlèvement passé. Quand Ruby ne parvient plus à distinguer le vrai du faux dans la façade qu’elle a patiemment construite, elle se retrouve plongée dans un cauchemar mêlant liaison extraconjugale, cadavre et secret enfoui depuis toujours. Un pitch qui coche toutes les cases du thriller domestique haletant, mais qui a au moins le mérite d’avoir visiblement suffisamment de viande pour convaincre autant de monde autour de la table.
Une équipe créative qui ne cache pas son enthousiasme
Marissa Jo Cerar n’a pas caché son excitation à l’idée de rejoindre ce projet, expliquant que sa rencontre avec l’autrice E.L. Westbury s’est faite avec la même complicité que si elle retrouvait une vieille amie, et qu’elle a hâte de porter Ruby et Ivy à l’écran dans ce qu’elle décrit comme un thriller résolument féminin, et étonnamment personnel pour elle. Jenna Bush Hager s’est montrée tout aussi enthousiaste, saluant l’écriture haletante du roman, ancré dans son État natal du Texas, avec des personnages qui, selon elle, sautent littéralement de la page. Elle a également confié attendre depuis longtemps l’occasion de travailler avec Cerar, dont elle admirait déjà le travail sur Black Cake.
Un roman qui a fait le tour des maisons d’édition avant de finir sur Netflix… pardon, à la télévision
L’histoire de la publication du roman mérite elle-même le détour. D’abord auto-publié en décembre 2024, ce thriller domestique a peu à peu bâti son lectorat jusqu’à déclencher une véritable bataille d’enchères entre éditeurs, avant d’atterrir chez Atria Books moyennant un accord à sept chiffres pour l’Amérique du Nord. Les droits pour le Royaume-Uni et le Commonwealth ont été acquis par Orion (Hachette UK), et le roman a déjà été traduit dans six langues. Atria et Orion viennent tout juste de le lancer officiellement le 11 août. Une trajectoire éditoriale suffisamment spectaculaire pour justifier l’engouement autour de l’adaptation télévisuelle, qui arrive finalement assez vite après la sortie du livre.
Cerar, une showrunneuse qui enchaîne les projets ambitieux
Marissa Jo Cerar n’en est clairement pas à son coup d’essai. Elle a débuté sa carrière comme scénariste-productrice sur des séries comme 13 Reasons Why chez Netflix, Shots Fired chez Fox, ou encore The Handmaid’s Tale chez Hulu. Elle a depuis remporté un NAACP Image Award et deux Humanitas Prize pour les deux séries qu’elle a créées et showrunnées : Women Of The Movement sur ABC, et plus récemment Black Cake sur Hulu, son adaptation du best-seller de Charmaine Wilkerson. Elle a également plusieurs projets en développement chez Hulu, UTV et Paramount TV, notamment le thriller judiciaire Suspect, adapté d’un roman de Scott Turow. De quoi confirmer qu’elle est clairement devenue une valeur sûre dès qu’il s’agit d’adapter un roman à succès pour la télévision.
Jenna Bush Hager, de la promotion littéraire à la production TV
Pour Jenna Bush Hager et sa société Thousand Voices, ce projet s’inscrit dans un accord de premier regard déjà signé avec Universal Studio Group. Un partenariat logique quand on sait à quel point Bush Hager s’est imposée ces dernières années comme une prescriptrice littéraire influente grâce à son club de lecture. La voir désormais passer de l’autre côté du miroir, en tant que productrice de l’adaptation d’un livre qu’elle a probablement chroniqué avec le même enthousiasme, a quelque chose d’assez cohérent dans son parcours.

