Vous pensiez avoir fait le tour des plateformes de streaming ? Détrompez-vous. Un nouvel acteur vient de débarquer sur le marché des microséries verticales, ce format pensé pour être englouti entre deux stations de métro, et son line-up de lancement vaut clairement le détour, ne serait-ce que pour les titres.
Un trio de vétérans de la télé aux commandes
aTwist, c’est le bébé de Jana Winograde, Susan Rovner et Lloyd Braun, trois figures bien connues de l’industrie télévisuelle américaine qui ont visiblement décidé que le format vertical méritait un vrai studio derrière lui. Winograde, à la tête de l’entreprise en tant que CEO, se dit convaincue de pouvoir proposer « une proposition business et consommateur complètement différente ». Rovner, de son côté, directrice créative de la maison, insiste sur l’essentiel du genre : peu importe qu’on fasse de l’horreur, un musical ou un thriller, il faut du rythme, de la structure, et surtout, accrocher le spectateur immédiatement. Sur un format de quelques minutes par épisode, on imagine que c’est un peu la moindre des choses.
Le service est disponible dès à présent en Australie, au Canada, en Inde, en Irlande, en Nouvelle-Zélande, aux Philippines, au Royaume-Uni et aux États-Unis, via le site aTwist.com et une application mobile. Les nouveaux programmes sortent chaque jeudi, avec un modèle gratuit financé par la pub ou un accès complet via des pièces virtuelles ou un abonnement. Rien de bien révolutionnaire sur le modèle économique, mais on ne va pas leur reprocher de suivre une recette qui marche.
Un catalogue de lancement… disons, généreux en rebondissements
C’est surtout le line-up initial qui mérite qu’on s’y attarde, tant les loglines rivalisent d’audace, ou de nawak assumé, c’est selon. On y trouve notamment Buried Alive, Back For Revenge, l’histoire d’une héritière aveugle enterrée vivante par son mari et sa meilleure amie qui se venge après s’être extirpée de sa propre tombe. Rien que ça.
Dans un registre plus horrifique, Something Is Alive In My Attic suit une femme qui retourne chez sa mère malade et découvre qu’une présence maléfique squatte le grenier, classique, mais efficace sur le papier. Côté thriller psychologique, I Swiped Right on a Serial Killer raconte les déboires d’une pédiatre tombée sous le charme d’un manipulateur bien décidé à l’épouser, quitte à éliminer quiconque se met en travers de son chemin.
Mais la palme de l’absurde revient sans doute à My Billionaire Kidney, une parodie assumée façon Cendrillon où une héroïne fauchée devient l’enjeu d’une bataille entre plusieurs hommes surpuissants qui se disputent… son rein. On ne sait pas si on doit rire ou s’inquiéter pour l’état du genre, mais au moins, c’est original.
Côté romance, My Book Boyfriend Came To Life met en scène une bibliothécaire qui invoque accidentellement le héros d’un roman sentimental pour sauver sa bibliothèque, tandis que I Fell in Love with a Dragon Prince propose une romance animée entre une esclave en fuite et un prince déchu du Royaume du Ciel. Et pour les amatrices de revanche version lycée, Pretty Hurts And So Do I suit une lycéenne harcelée, renversée par un bus, qui revient métamorphosée pour se venger de ses bourreaux. Un pitch qu’on croirait sorti d’un épisode particulièrement trash de téléfilm d’après-midi, en plus assumé.
Signalons aussi Hollywood Starlet, produite par Bradley Bell (le monsieur derrière The Bold and the Beautiful) et tournée directement sur les plateaux de la série culte, ainsi que Cash Out, seule proposition non scriptée du lot, qui suit trois amies parties claquer 50 000 dollars à Las Vegas en 24 heures, sorte de croisement assumé entre Very Bad Trip et Mes meilleures amies.
Des partenariats pour élargir l’audience
aTwist ne se contente pas de miser sur son catalogue maison : la plateforme a signé un accord avec Hartbeat, la société de Kevin Hart, pour héberger en exclusivité ses microséries originales, dont des adaptations de la saga littéraire de Blake Karrington. Un partenariat avec BET est également prévu pour le développement et la distribution de projets, tandis qu’un accord avec National CineMedia doit permettre de diffuser des microséries… dans les salles de cinéma, excusez du peu.
Côté projets à venir, on retiendra notamment Theater Kids vs. Zombies, une microsérie musicale portée par Jesse Tyler Ferguson et Justin Mikita, avec la participation du chorégraphe Jamal Sims et du compositeur Shane McAnally. De quoi laisser penser que le genre ne se limite pas qu’aux drames à rebondissements improbables.
Un marché qui attire (déjà) les convoitises
Winograde affirme avoir été surprise par l’ampleur des sollicitations reçues depuis l’annonce du projet, allant des comédies musicales de Broadway jusqu’aux plus grands noms de la musique, en passant par acteurs, actrices, réalisateurs et cinéastes. Rovner, elle, reste lucide sur la suite : dès qu’un format commence à fonctionner, la concurrence s’intensifie, et seuls les meilleurs contenus survivront. Une phrase qui a le mérite d’être honnête, reste à voir si aTwist saura tirer son épingle du jeu dans un marché des microséries de plus en plus disputé.

