Pilot d'essaiDang! : à 35 ans, je crois que je suis officiellement trop...

Dang! : à 35 ans, je crois que je suis officiellement trop vieille pour Netflix

Il y a des séries devant lesquelles je me dis que je n’ai simplement pas aimé. Il y en a d’autres qui me font réfléchir à ce que j’ai fait de ma vie. Et puis il y a Dang!, qui m’a regardée droit dans les yeux pendant 27 minutes avant de me souffler : « Tu sais que tu n’es plus vraiment la cible, hein ? »

Merci Netflix.

Dang! est une nouvelle comédie d’animation adulte créée par Andrew Law. La série suit Andrew et Eunice Dang, deux frères et sœur vingtenaires vivant à New York et ayant visiblement fait de l’absence de projet de vie un véritable art de vivre. Leur quotidien plutôt chaotique est bouleversé par l’arrivée de Ruthie, leur grande sœur ambitieuse et beaucoup plus organisée, qui vient de faire exploser sa vie jusque-là parfaitement rangée.

Le premier épisode, intitulé tout simplement « Pilot », sert donc principalement à installer ce trio familial. Andrew et Eunice profitent tranquillement de leur existence de jeunes adultes vaguement paumés lorsque Ruthie débarque avec une nouvelle qui vient bouleverser l’équilibre familial. Et, soyons honnêtes, le pilote fait exactement ce qu’on lui demande : il présente les personnages, leurs relations, leurs névroses et leur manière de fonctionner ensemble.

Le problème, c’est que moi, pendant ce temps-là, je regardais tout ça avec l’enthousiasme d’une personne qui vient d’ouvrir un groupe WhatsApp de collègues auquel elle n’a jamais demandé à être ajoutée.

Un pilote qui fait très bien son travail

Commençons par rendre à César ce qui appartient à César : le pilote de Dang! est plutôt bien fichu.

La série ne perd pas trois épisodes à nous expliquer qui sont Andrew, Eunice et Ruthie. En quelques scènes, la dynamique est posée. Andrew et Eunice sont parfaitement à l’aise dans leur petite vie bordélique, tandis que Ruthie représente une forme de réussite plus traditionnelle et, surtout, beaucoup plus contrôlée.

Et cette opposition fonctionne.

J’ai particulièrement apprécié la façon dont l’épisode présente la relation entre les trois. On comprend rapidement qu’ils sont différents, mais surtout qu’ils ont une histoire commune. Ils ne ressemblent pas à trois personnages artificiellement réunis parce que le scénario avait besoin de trois colocataires pour faire des blagues.

Il y a une véritable dynamique familiale.

Ruthie peut être agaçante, Andrew peut être complètement à côté de la plaque et Eunice semble parfois avoir suffisamment d’énergie pour alimenter une petite ville, mais je crois assez facilement au fait qu’ils soient frère et sœurs.

Et c’est probablement l’une des meilleures réussites de ce premier épisode.

Le scénario sait également trouver un équilibre assez efficace entre présentation des personnages et comédie. L’exposition n’est jamais complètement séparée de l’humour : les situations servent à comprendre les personnages et les personnages servent à faire avancer les situations.

Bref, sur le papier, tout fonctionne.

Et pourtant…

Le problème : je n’ai pas ri

Voilà.

C’est assez gênant pour une comédie.

J’ai regardé Dang! pendant près d’une demi-heure et je n’ai pas ri une seule fois.

Pas un petit rire.

Pas même un « pfff, ok, celle-là était pas mal ».

Rien.

J’étais là, assise devant mon écran, à observer des personnages faire des trucs, en me demandant vaguement si j’étais en train de regarder une série ou une expérience sociale destinée à déterminer à quel âge exactement on cesse de comprendre l’humour des jeunes.

Et je crois que j’ai trouvé la réponse : 35 ans.

Voilà, c’est fait.

Je suis vieille.

Je le savais pourtant. J’ai commencé à comprendre que quelque chose n’allait plus quand j’ai vu des gens parler de leur « ère » avec beaucoup trop de sérieux. Mais Dang! m’a donné le coup de grâce.

Parce que son humour est très référentiel.

La série fonctionne beaucoup sur des références, des codes, une certaine culture internet et un type d’humour qui me donne parfois l’impression d’être arrivée cinq minutes après la blague.

Et le plus frustrant, c’est que je ne pense pas forcément que les blagues soient mauvaises.

Elles ne sont simplement pas pour moi.

Une série qui sait exactement à qui elle parle

C’est finalement ce que je retiens le plus de ce premier épisode.

Dang! me donne l’impression d’être une série qui sait très bien quel public elle veut toucher.

Andrew et Eunice sont des vingtenaires new-yorkais qui vivent leur vie avec une certaine désinvolture. Ruthie, elle, débarque avec son côté beaucoup plus organisé et adulte. Le contraste permet naturellement de faire émerger les situations comiques.

Les personnages peuvent même être intéressants.

Le souci, c’est que je les trouve épuisants.

Oui, je sais.

C’est probablement exactement le but.

Et oui, je suis parfaitement consciente que la phrase « les jeunes sont épuisants » est le premier symptôme officiel de la vieillesse.

Mais voilà : j’ai passé une partie de l’épisode à avoir envie de dire aux personnages de boire un verre d’eau et de se calmer.

Leur énergie, leurs réactions, leur façon de communiquer… tout cela semble parfaitement cohérent avec l’univers de la série. Mais je n’y ai jamais vraiment adhéré.

Je suis restée spectatrice.

Et pas spectatrice dans le bon sens.

Pas « fascinée par ces personnages que je découvre ».

Plutôt « assise sur mon canapé avec un regard légèrement inquiet en me demandant quand est-ce que je vais comprendre ce qui est censé être drôle ».

Je suis peut-être simplement trop vieille pour cette série

Et c’est là que ma critique devient légèrement injuste.

Parce qu’après réflexion, je ne suis pas certaine que le problème soit Dang!.

Le problème est peut-être simplement moi.

Je pense sincèrement que cette série peut fonctionner beaucoup mieux avec un public de jeunes vingtenaires qu’avec moi. Son humour, son rythme et ses références semblent conçus pour parler à des gens qui comprennent immédiatement les codes utilisés.

Moi, j’ai parfois eu l’impression d’être une tante invitée à une soirée où tout le monde connaît déjà les blagues internes.

Vous savez, cette situation où quelqu’un raconte une anecdote et tout le monde éclate de rire, sauf vous ?

Vous riez aussi.

Par politesse.

Mais intérieurement, vous êtes déjà en train de calculer combien de temps il vous reste avant de pouvoir rentrer chez vous.

C’est un peu mon expérience devant Dang!.

Et pourtant, je refuse de transformer ça en « les jeunes ne savent plus faire de bonnes blagues ».

Parce que non.

Le problème est beaucoup plus simple : je ne suis pas la cible.

Et je préfère largement une série qui assume un humour générationnel très marqué plutôt qu’une série qui essaie de plaire à tout le monde et finit par ne parler à personne.

Une animation qui fait le job

Visuellement, Dang! ne m’a pas non plus particulièrement impressionnée.

L’animation est assez classique.

Ce n’est pas moche. Absolument pas.

Mais ce n’est pas non plus le genre de direction artistique qui me fait mettre pause toutes les trente secondes pour admirer un plan.

On est dans une animation efficace, propre, qui accompagne correctement la comédie.

J’ai tout de même apprécié les quelques déformations des visages, notamment lorsque les personnages deviennent particulièrement excités ou expressifs. Les bouches qui prennent soudainement des proportions absurdes donnent une petite personnalité supplémentaire aux personnages et collent assez bien à leur énergie.

Mais encore une fois : ça fait le job.

Et ce n’est déjà pas si mal.

L’animation sert la comédie plutôt qu’elle ne cherche à lui voler la vedette.

Le choix est finalement assez logique pour une sitcom qui repose avant tout sur ses dialogues, ses situations et ses personnages.

Et c’est peut-être ça le plus frustrant

Parce que techniquement, je n’ai pas grand-chose à reprocher à ce pilote.

Le scénario présente efficacement ses personnages.

La relation entre les trois fonctionne.

Les situations sont suffisamment bien amenées.

L’humour semble naturel dans l’univers de la série.

L’animation est cohérente.

Le rythme est plutôt bon.

Mais je me suis ennuyée.

Et c’est probablement le plus gros problème qu’une comédie puisse avoir avec moi.

Je peux pardonner énormément de choses à une série si elle m’amuse. Je peux accepter une animation moyenne, un scénario un peu bancal ou même des personnages parfois agaçants si je passe un bon moment.

Mais devant Dang!, j’ai été passive.

Complètement passive.

Je regardais les événements se dérouler sans ressentir particulièrement l’envie de savoir ce qui allait arriver ensuite.

Et surtout, je n’ai jamais ressenti ce petit truc qui me donne envie de lancer immédiatement l’épisode suivant.

Dang! m’a surtout donné un coup de vieux

Et c’est finalement ce que je trouve assez amusant dans mon expérience de ce premier épisode.

Dang! ne m’a pas énervée.

Je ne trouve pas que ce soit une catastrophe.

Je ne trouve même pas que ce soit une mauvaise série.

Je lui mets 3,5/5, parce que je reconnais parfaitement ses qualités et parce que je pense qu’elle peut trouver son public.

Mais ce public, ce n’est probablement pas moi.

J’ai 35 ans.

Je viens de prendre un coup de vieux devant une série qui raconte justement la vie de jeunes adultes.

Et quelque part, c’est presque une expérience sociologique.

J’ai regardé trois personnages vivre leur jeunesse avec leurs références, leurs codes et leur énergie et j’ai découvert que j’étais désormais officiellement la personne qui pense qu’une soirée réussie est une soirée qui se termine avant 22h30.

Bon.

J’exagère.

Mais à peine.

Le plus intéressant reste que je ne pense pas que Dang! ait besoin de changer quoi que ce soit pour me séduire. C’est probablement même l’inverse : elle semble avoir trouvé son ton et son public.

C’est simplement que je ne suis pas dedans.

Et je préfère reconnaître ça plutôt que de reprocher à une série d’être exactement ce qu’elle a envie d’être.

Verdict

Le premier épisode de Dang! est donc un pilote solide mais qui m’a complètement laissée sur le bord de la route.

Il présente efficacement ses personnages, installe une dynamique familiale crédible et trouve un équilibre plutôt réussi entre exposition et humour. Les blagues ne m’ont pas semblé artificielles et l’animation, sans être extraordinaire, accompagne correctement l’ensemble.

Mais je n’ai pas ri.

Pas une fois.

Et surtout, je me suis ennuyée.

Je pense que Dang! s’adresse à un public de jeunes adultes qui pourra davantage se reconnaître dans ses personnages, ses références et son humour. Moi, j’ai surtout découvert que 35 ans était peut-être officiellement le moment où Netflix commence à vous expliquer que vous êtes devenue une vieille harpie.

Je ne regarderai donc pas la suite.

Pas parce que je pense que la série est mauvaise.

Mais parce que, parfois, il faut simplement accepter que certaines séries sont faites pour d’autres personnes que nous.

Et apparemment, aujourd’hui, ces personnes ont vingt ans et comprennent les références que je ne comprends plus.

Je vais donc aller regarder une série où les gens parlent lentement.

Dang! — 3,5/5

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