Décidément, The Walking Dead aura fait couler autant d’encre judiciaire que de sang de zombie. AMC Global Networks vient d’annoncer un accord à l’amiable de 120 millions de dollars avec Robert Kirkman, créateur de la franchise, et plusieurs producteurs historiques, pour clore un procès pour rupture de contrat qui traînait depuis 2022. Autant dire que la maison AMC préfère visiblement payer plutôt que d’aller devant un jury.
Un procès évité de justesse, à quelques semaines du procès
L’affaire devait passer devant un tribunal en octobre. Sauf que quelques semaines avant l’échéance, AMC a préféré négocier plutôt que de tenter sa chance devant la justice, une décision qui, vu les précédents du secteur en la matière, ressemble surtout à du bon sens financier. Ce règlement intervient d’ailleurs juste après une autre annonce de poids : en juillet, AMC avait signé un accord de cinq ans à 500 millions de dollars avec Netflix pour renouveler les droits de The Walking Dead et de ses spin-offs. Comprendre : la franchise continue de rapporter gros, alors autant éviter qu’un procès vienne plomber l’ambiance.
Le détail de la facture
Selon le dépôt auprès de la SEC, AMC va verser 120 millions de dollars au total, répartis en deux temps : un premier paiement cash de 85 millions de dollars d’ici le 18 septembre, puis 35 millions de dollars supplémentaires au plus tard le 31 janvier 2027. Ce second versement sera traité comme une avance sur les futurs droits de participation liés aux recettes brutes modifiées (« modified adjusted gross receipts ») que les plaignants continueront de percevoir dans le cadre de leurs accords contractuels sur The Walking Dead et Fear The Walking Dead.
Les plaignants, parmi lesquels on retrouve, en plus de Kirkman, Glen Mazzara, David Alpert, Gale Anne Hurd et Charles Eglee, continueront donc de toucher leur part « au fil de l’eau », simplement compensée par cette avance. Conséquence comptable directe pour AMC : une charge exceptionnelle de 85 millions de dollars sur le trimestre de septembre. Le genre de ligne qui ne fait jamais plaisir à voir dans un bilan.
Un juge qui n’a clairement pas laissé passer
Petit rappel utile : en 2024, un juge fédéral californien avait déjà rejeté la demande d’AMC de faire classer l’affaire sans suite. Et sa décision s’appuyait en grande partie sur un précédent assez révélateur : un règlement de 200 millions de dollars conclu il y a cinq ans avec le showrunner Frank Darabont et la CAA, sur ce même sujet épineux des parts de bénéfices.
Le juge Fernando Aenlle-Rocha n’y était pas allé par quatre chemins dans sa décision de 2024, estimant qu’il serait totalement incohérent d’interpréter les clauses de la nation la plus favorisée du contrat de façon à permettre à AMC d’accorder à Darabont et à la CAA une compensation contingente accrue et une plus grande part des recettes futures de la série via un accord amiable, aux dépens des plaignants, sans leur accorder le même traitement. Autrement dit : si Darabont a eu droit à un traitement de faveur pour clore son litige, Kirkman et ses coplaignants avaient toutes les raisons de réclamer l’équivalent. Logique imparable, visiblement partagée par la justice américaine.
Une franchise qui a défini AMC, pour le meilleur et pour le pire (financier)
Il faut dire que The Walking Dead a littéralement façonné l’identité d’AMC pendant des années. La série originale a couru sur douze saisons jusqu’en 2022, Fear The Walking Dead s’est achevée en 2023, et la franchise a continué de se démultiplier avec une armée de spin-offs : The Walking Dead: Dead City, Daryl Dixon, ou encore TWD: The Ones Who Live. Autant de succès qui expliquent pourquoi les questions de répartition des bénéfices continuent, encore aujourd’hui, de faire l’objet de batailles judiciaires à plusieurs dizaines de millions de dollars. Quand une franchise rapporte autant, il ne faut visiblement jamais s’étonner que tout le monde veuille sa juste part du gâteau, zombie ou pas.

