Ça n’aura pas fait long feu. M.I.A., la série policière signée Bill Dubuque et tournée en plein cœur de Miami, ne connaîtra pas de saison 2. Peacock ferme le dossier après neuf épisodes, malgré un lancement plutôt remarqué en mai dernier. Retour sur une annulation qui laisse quelques questions en suspens.
Une série lancée en grande pompe, arrêtée en catimini
M.I.A. avait pourtant tout pour se faire une place au soleil (littéralement). Lancée le 7 mai avec ses neuf épisodes d’une heure d’un coup, la série avait même eu droit à un traitement de faveur : une diffusion spéciale sur NBC le 14 mai, histoire de lui donner un coup de projecteur supplémentaire. Un privilège que peu de productions Peacock obtiennent, et qui laissait présager une suite. Résultat : quelques mois plus tard, c’est la porte de sortie. Les raisons précises de cette annulation restent, comme trop souvent, soigneusement gardées secrètes par la chaîne.
Un ancrage local rare… et visiblement pas suffisant
Petite particularité qui méritait d’être soulignée : M.I.A. faisait partie des rares séries à être à la fois situées à Miami et réellement tournées sur place, plutôt que recréées en studio à des milliers de kilomètres. Un vrai atout d’authenticité pour raconter l’histoire d’Etta Tiger Jonze (Shannon Gisela), une trafiquante de drogue par tradition familiale, propulsée malgré elle en première ligne quand l’entreprise clanique se retrouve menacée. Elle devra ruser pour survivre dans les bas-fonds criminels de la ville. Un pitch efficace, un casting solide avec Cary Elwes, Danay Garcia ou encore Marta Milans… mais visiblement pas de quoi convaincre Peacock de prolonger l’aventure.
Une équipe créative bien installée, pour rien
Karen Campbell occupait le poste de showrunneuse, scénariste et productrice exécutive, tandis qu’Alethea Jones avait posé les bases en réalisant les deux premiers épisodes. Derrière la caméra se sont ensuite relayés Gwyneth Horder-Payton, Marizee Almas, Ben Semanoff et John Dahl. Une équipe complète, un dispositif de production rodé, un studio (MRC) et un distributeur (Paramount Global Content Distribution) solides sur le papier. Autant d’ingrédients qui, en temps normal, auraient de quoi rassurer sur la pérennité d’un show. Comme quoi, même avec toutes les bonnes cases cochées, le couperet peut tomber vite.
Notre avis
Une annulation après une seule saison, ça devient presque une routine dans le paysage du streaming actuel, mais celle-ci a quelque chose d’un peu plus frustrant : la série avait un vrai coup de pouce promotionnel, un ancrage géographique rare et un pitch qui sortait un peu des sentiers battus du polar américain habituel. Peacock ne nous donne aucune explication concrète, ce qui laisse un goût d’inachevé. M.I.A. rejoint donc la longue liste des séries 2026 mortes avant d’avoir eu le temps de vraiment exister.

