Apple TV continue de dérouler son tapis rouge aux dramédies premium avec Margo’s Got Money Problems, adaptation du roman de Rufi Thorpe signée David E. Kelley, avec une Elle Fanning toujours aussi fascinante devant la caméra. Entre chronique sociale, drame familial et comédie douce-amère, la série nous promettait, à en croire sa bande-annonce, un joyeux bazar émotionnel et narratif.
Après ce premier épisode, je dois l’avouer : je suis intriguée, plutôt séduite, mais pas encore totalement conquise.
Le genre de pilote qui vous dit “reste encore un peu, le chaos arrive”, tout en prenant bien son temps avant d’ouvrir les vannes.
De quoi parle Margo’s Got Money Problems ?
La série suit Margo, une jeune étudiante brillante, aspirante écrivaine, dont la vie bascule lorsqu’elle tombe enceinte à la suite d’une relation avec son professeur marié. Oui, on démarre directement sur une ambiance “excellente idée, vraiment”.
Ce premier épisode nous accompagne dans cette bascule : la découverte de la grossesse, les réactions de son entourage, la rupture brutale avec la trajectoire qu’elle s’était imaginée, puis la décision, très rapidement posée, de garder le bébé.
En une poignée de scènes, Margo passe d’une vie encore flottante de jeune adulte à une réalité beaucoup plus concrète, beaucoup plus rude aussi.
Et clairement, la série veut installer d’emblée ses grands thèmes : la précarité, les choix qu’on fait trop jeune, le poids du regard des autres, et surtout cette impression de voir sa vie dérailler à vitesse grand V.
Un premier épisode qui pose beaucoup de choses… peut-être un peu trop
Je vais être honnête : avec ce seul premier épisode, il m’est difficile d’avoir un avis tranché.
On sent très clairement qu’on est dans une pure phase de mise en place. La série pose ses fondations, présente son héroïne, ses blessures, ses rapports familiaux, ses galères à venir.
Et sur le papier, ça se comprend.
Sauf qu’à l’écran, cette construction donne parfois l’impression d’un très long prologue.
La folie vendue par les trailers ? Pas encore là.
Le ton déjanté promis ? À peine esquissé.
Le potentiel franchement satirique du concept ? Encore rangé dans sa boîte.
J’ai eu plusieurs fois la sensation que l’épisode retenait ses coups, comme s’il me disait : “non mais attends, le vrai show commence après”.
Le problème, c’est que quand le générique tombe, je reste surtout avec cette impression étrange d’être encore dans l’antichambre de la série.
Pas frustrée au point de décrocher, mais suffisamment pour rester un peu pantoise.
Et honnêtement, si les épisodes suivants n’avaient pas été disponibles, je serais restée là avec un gros “bon… d’accord ?”.
Le petit raccourci scénaristique qui m’a fait lever un sourcil
Là où j’ai davantage tiqué, c’est sur la manière dont la série traite LA question centrale du pilote : pourquoi Margo garde-t-elle ce bébé ?
Parce que oui, c’est littéralement le moteur de toute l’histoire.
Et pourtant, la réponse apportée par l’épisode tient essentiellement en un : “parce que j’en ai envie”.
Alors attention, sur le principe, une femme n’a évidemment pas à se justifier pendant trois heures pour expliquer une décision aussi intime.
Mais narrativement, ici, ça sonne quand même comme une facilité.
J’aurais aimé que la série creuse davantage ses motivations, qu’elle nous fasse ressentir ce choix au lieu de simplement nous le poser comme un postulat de départ.
À ce stade, j’ai eu ce petit moment de cynisme où je me suis dit : oui, elle garde le bébé surtout parce que sinon il n’y a pas de série.
Et c’est dommage, parce que l’écriture est suffisamment fine par ailleurs pour qu’on attende un peu plus de nuance sur un enjeu aussi fondamental.
Heureusement, le casting sauve tout (ou presque)
S’il y a bien une chose qui fonctionne immédiatement, c’est le casting.
Elle Fanning, déjà, est impeccable.
Elle a ce talent assez rare de rendre son personnage immédiatement humain, même quand celui-ci prend des décisions qu’on peut questionner. Margo pourrait facilement devenir agaçante ou trop théorique ; elle parvient au contraire à la rendre fragile, crédible, touchante, parfois même drôle malgré elle.
J’ai particulièrement aimé cette façon qu’a la série de la montrer déjà épuisée par une vie qui lui échappe.
Autour d’elle, Michelle Pfeiffer apporte une vraie présence, avec ce mélange de dureté, d’inquiétude et d’amour maternel mal emballé qui fonctionne très bien.
Le duo mère-fille est sans doute ce qui m’a le plus intéressée dans ce premier épisode.
Il y a dans leurs scènes quelque chose d’assez doux-amer, presque cruel parfois, qui donne immédiatement de l’épaisseur à l’ensemble.
Et très franchement, c’est ce casting qui me donne envie de continuer.
Mon avis : un début encore trop sage, mais suffisamment prometteur
Au final, mon ressenti reste mitigé, mais clairement plutôt positif.
Je ne peux pas dire que ce premier épisode m’a totalement emballée.
Il est un peu long à démarrer.
Il repose sur quelques facilités.
Il me laisse avec une impression de série encore en train de chercher son vrai rythme.
Mais en même temps, il y a déjà quelque chose.
Une vraie promesse.
Un casting très solide.
Une héroïne que j’ai envie de suivre.
Et surtout la sensation que le meilleur reste à venir.
Ce n’est pas encore la claque que les bandes-annonces laissaient espérer, mais c’est suffisamment bien écrit et interprété pour me donner envie de lancer la suite.
Et parfois, pour un pilote, c’est déjà beaucoup.

