Décidément, Netflix ne sait plus où donner du carnet de chèques. Après plusieurs projets arrachés à la concurrence ces derniers mois, la plateforme vient de remporter une nouvelle bataille avec une commande directe en série pour Lovesick, un drame romantique porté par Claire Danes.
Oui, commande directe, sans passer par la case pilote, ce qui en dit long sur la confiance, ou l’empressement, du streamer à remplir encore un peu plus son pipeline déjà bien garni. À ce rythme, Netflix collectionne les séries comme certains collectionnent les mugs de conventions.
Cette fois, le projet a de quoi intriguer : Claire Danes ne se contente pas de jouer le rôle principal, elle en sera également productrice exécutive.
Un drame romantique qui ne promet pas la légèreté
Si le titre Lovesick pourrait laisser penser à une romance légère à regarder sous un plaid un dimanche soir, la réalité est nettement plus corsée.
La série suit Annika, incarnée par Claire Danes, une chirurgienne spécialisée dans le cancer du sein, reconnue dans son domaine. Ironie cruelle du destin, parce qu’évidemment la vie adore le symbolisme, elle apprend qu’elle est elle-même atteinte d’un cancer.
Au même moment, sa vie croise celle de Nate, l’un de ses nouveaux patients, un homme politique en pleine ascension.
Le résultat ? Une romance décrite comme une “épopée romantique moderne”, qui promet de mêler passion, maladie, sexualité, mort, famille, parentalité, médecine et grandes questions existentielles.
Autrement dit : pas vraiment la série qu’on lance pour se “vider la tête” après une longue journée.
Claire Danes, le retour d’une reine du drame
Soyons honnêtes : si quelqu’un peut porter ce type de projet sur ses épaules, c’est bien Claire Danes.
Révélée par My So-Called Life, puis devenue une référence absolue du drame télévisuel avec Homeland, l’actrice a déjà prouvé qu’elle excellait dans les rôles émotionnellement intenses, voire carrément dévastateurs.
Et c’est sans doute là que Lovesick peut devenir particulièrement intéressant : la série semble taillée sur mesure pour son registre, entre fragilité, puissance et complexité psychologique.
Netflix semble d’ailleurs miser très gros sur ce retour, Danes sortant tout juste de The Beast In Me, qui lui a valu une nouvelle nomination aux Golden Globes.
En clair, la plateforme ne recrute pas une star : elle recrute une valeur sûre.
Sarah Treem aux commandes : promesse ou alerte ?
À l’écriture et au showrunning, on retrouve Sarah Treem, créatrice de The Affair et scénariste passée par House of Cards.
C’est à la fois une excellente nouvelle… et une petite source d’inquiétude.
Excellente, parce que Treem sait écrire les relations humaines complexes, les non-dits, les passions toxiques et les drames intimes.
Plus inquiétante, parce que ce type de série peut très vite basculer dans le mélodrame prestigieux un peu trop conscient de son importance.
Le communiqué insiste d’ailleurs sur les grands thèmes : la vie, la mort, la foi, la science, le courage, l’amour, le milieu de vie. Rien que ça.
On espère donc une œuvre sincère et habitée, et non une série qui passe six épisodes à nous rappeler qu’elle traite de sujets profonds, au cas où on ne l’aurait pas remarqué.
Une adaptation venue d’Israël
Lovesick est l’adaptation de la série israélienne de 2024, également connue sous le titre The Best Worst Thing (Choley Ahava), créée pour la chaîne Keshet 12.
Un détail loin d’être anodin, puisque Keshet est déjà à l’origine de formats à succès adaptés à l’international, notamment Homeland.
Autant dire que Claire Danes revient ici presque en terrain familier.
Le projet est produit par Universal Television et Keshet Studios, ce qui apporte un certain gage de solidité industrielle derrière la série.
Notre avis : un projet très prometteur, mais à surveiller
Sur le papier, Lovesick coche beaucoup de cases :
- une actrice d’exception,
- une showrunneuse reconnue,
- un sujet fort,
- une adaptation issue d’un format éprouvé.
Mais il faudra voir si la série réussit à éviter l’écueil du drame “à récompenses” un peu fabriqué, conçu pour aligner les nominations avant même la diffusion.
Parce qu’entre le cancer, la romance impossible, le politique ambitieux et les grandes questions sur le sens de la vie, le potentiel de série brillante est immense… tout comme celui du prestige drama un peu pompeux.
Bref, on est curieux. Et légèrement méfiants. Ce qui est souvent bon signe.

