Il fallait oser. HBO Max vient de commander officiellement huit épisodes de son spin-off Jimmy Olsen tant attendu, et le résultat s’appelle The People v. Gorilla Grodd. Oui, c’est aussi un meme. Non, ce n’est toujours pas une blague.
Un mockumentary true-crime sur un gorille télépathe, sérieusement
Le pitch en lui-même mérite qu’on s’y arrête : dans The People v. Gorilla Grodd, un singe surdoué est condamné pour le meurtre de son père, le roi de Gorilla City. Huit épisodes plus tard, façon docu-série true-crime aussi sérieuse que celles qu’on binge-watch à 2h du matin, Jimmy Olsen (le photographe du Daily Planet, pour ceux qui ont raté l’épisode Superman) rouvre l’enquête pour déterminer si Grodd a été injustement condamné. On tient là l’un des procès les plus célèbres de Metropolis, et clairement l’un des pitchs les plus improbables de l’année côté DC.
Le personnage de Gorilla Grodd, créé en 1959 par John Broome et Carmine Infantino, avait surtout marqué les esprits dans l’Arrowverse ces dernières années. Ici, il change complètement de registre : psychopathe télépathe après un contact avec un vaisseau extraterrestre, il devient le sujet d’une enquête façon American Vandal version super-héros. Et ce n’est pas un hasard : Tony Yacenda et Dan Perrault, créateurs de la série satirique American Vandal sur Netflix, sont aux commandes en tant que showrunners, scénaristes et producteurs exécutifs, Yacenda réalisant l’intégralité des épisodes.
Un casting qui recycle intelligemment l’univers Superman
Skyler Gisondo reprend son rôle de Jimmy Olsen, aux côtés de Jimmy Tatro dans la peau de Gorilla Grodd, un duo qui promet un contraste assez réjouissant entre le journaliste candide et le gorille accusé de régicide. Ils sont rejoints par plusieurs acteurs déjà vus dans Superman : Beck Bennett (Steve Lombard), Mikaela Hoover (Cat Grant) et Wendell Pierce (Perry White), qui reprennent donc du service au Daily Planet. S’ajoutent à ce casting Mary Holland, Eduardo Franco, Arian Moayed, Dan Perrault (oui, le showrunner se met aussi devant la caméra), Andrew Leeds et Tim Baltz.
James Gunn et Peter Safran, coprésidents et co-CEO de DC Studios, occupent également le poste de producteurs exécutifs, histoire de garder un œil sur ce spin-off aussi barré qu’ambitieux.
Une stratégie de niche assumée pour HBO Max
Amy Gravitt, vice-présidente exécutive de la programmation HBO en charge des comédies chez HBO et HBO Max, s’est dite enthousiaste à l’idée d’explorer ces personnages iconiques du DCU « d’une manière nouvelle et inattendue ». Une façon polie de dire que non, ce n’est clairement pas la voie classique des adaptations super-héroïques.
Sur HBO Max, The People v. Gorilla Grodd rejoint la série dramatique Lanterns, qui a plutôt bien démarré côté audience, dans un contexte où le développement du DCU chez le streamer et DC Studios est en pleine réorganisation. Cette nouvelle série devient la deuxième comédie scriptée de la plateforme, aux côtés de Stuart Fails To Save the Universe (le spin-off de The Big Bang Theory, récemment renouvelé pour une saison 2), qui possède elle aussi des éléments super-héroïques et un épisode centré sur le DCU à venir.
Le mot de la fin, façon meta
Yacenda et Perrault résument parfaitement l’ambition (ou la folie) du projet : ils veulent créer une série qui ressemble moins à une entrée dans le DCU qu’à « un artefact venu de cet univers », un documentaire original du Daily Planet, fait pour les habitants de Metropolis. Une approche qui, sur le papier, a le mérite d’être totalement assumée. Et cerise sur le gâteau, ils ajoutent avec un clin d’œil : « on ne peut pas encore se prononcer sur l’accueil du public ici, mais on sait déjà que c’est un énorme succès à Metropolis. Ils adorent cette série. » L’autodérision est peut-être la meilleure arme de ce projet, et franchement, on a hâte de voir si le pari tient la route.

