Après avoir épuisé le stock de procedurals américains classiques, ABC va piocher son prochain polar… en Suisse. La chaîne développe The Undertaker, adaptation de la série suisse Der Bestatter, avec un pitch qui sent bon le mélange improbable entre thanatopraxie et enquête policière. Un croisement de genres qu’on n’attendait pas forcément, mais qui a le mérite de sortir des sentiers battus du procedural lambda.
Le pitch : un flic reconverti en croque-mort qui ne sait pas dire non à une bonne enquête
The Undertaker suivra Luke Conrad, ex-détective de police qui reprend les pompes funèbres familiales… et qui, évidemment, ne résiste pas à l’appel de l’enquête à chaque cadavre qui franchit la porte de l’établissement. Un concept qui n’a rien de neuf dans l’absolu (le flic-devenu-quelque-chose-d’autre-mais-qui-enquête-quand-même, on connaît la chanson), mais le décor funéraire donne au moins un vernis d’originalité à la formule.
La série originale, Der Bestatter, créée par Hartmut Block, a tenu sept saisons sur la chaîne suisse Schweizer Radio und Fernsehen et a récolté plusieurs prix au passage. De quoi donner une base solide à ABC, qui n’a plus qu’à faire le travail habituel de transposition culturelle sans trop dénaturer ce qui faisait le charme de l’original, exercice où les networks américains ne brillent pas toujours, on ne va pas se mentir.
Qui est aux commandes du remake ?
Le projet est confié à Gabriel Garza en tant que scénariste et producteur exécutif. Son CV est plutôt bien fourni : débuts dans l’animation, création d’une sitcom, puis plusieurs années comme producteur exécutif sur The Flash où il a dirigé la writers’ room et participé à la production de plus de 100 épisodes, avant de rejoindre The Winchesters, le prequel de Supernatural. Autant dire qu’il connaît son métier de showrunner sur des séries de genre à univers étendu, ce qui devrait l’aider à structurer une mythologie autour des enquêtes de Luke Conrad sur la durée.
À la réalisation, on retrouve Hanelle M. Culpepper, nommée aux Emmy pour son travail sur le final de saison 2 de Paradise. Son parcours est impressionnant : elle a mis en scène des épisodes d’American Crime, Gotham, How to Get Away with Murder et Star Trek: Discovery. Elle a également plusieurs projets d’envergure dans les cartons, dont l’adaptation par Apple TV du roman de science-fiction culte Neuromancer de William Gibson, ainsi que les adaptations cinéma d’Amari and the Night Brothers et de 1000 Miles. Un CV qui donne clairement plus de crédibilité au projet qu’un simple pilote de network lambda.
Le tout est produit par 20th Television et Elevate Entertainment, avec Alex Cole et Joe Wiggins d’Elevate Entertainment ainsi que Michael Wenning en tant que producteurs exécutifs supplémentaires. One Gate Media détient les droits de Der Bestatter.
Ce qu’on en pense
Sur le papier, ABC coche toutes les cases d’un pari raisonnable : un format déjà rodé et récompensé pendant sept saisons en Suisse, une équipe créative expérimentée sur des séries de genre, et un concept suffisamment original pour se distinguer du procedural médico-légal numéro 47 de la rentrée. Reste à voir si le remake gardera l’ambiance particulière de la version suisse, souvent plus feutrée, plus mélancolique que ce que les networks américains ont l’habitude de produire, ou si Luke Conrad va se transformer en héros charismatique de procedural classique, avec rebondissements toutes les 8 minutes et musique dramatique à chaque révélation.
On garde un œil dessus, ne serait-ce que pour voir comment Hollywood va gérer l’équilibre délicat entre pompes funèbres et enquêtes policières sans sombrer dans le mauvais goût ou, à l’inverse, dans la comédie involontaire.

