L’aventure est déjà terminée pour The Boroughs. Netflix a décidé de ne pas renouveler la série de science-fiction produite par les frères Duffer, les créateurs de Stranger Things.
Une annonce qui surprend quelque peu tant le projet semblait avoir été conçu pour durer plusieurs années. Mais dans le monde impitoyable du streaming, même un badge « produit par les créateurs de Stranger Things » ne garantit plus automatiquement une survie prolongée.
Une saison 2 était pourtant envisagée
Selon plusieurs sources, Netflix avait sérieusement étudié la possibilité de poursuivre l’aventure.
Une salle d’écriture dédiée à une deuxième saison avait même été mise en place avant la diffusion de la série. Parmi les idées évoquées figurait notamment le tournage des saisons 2 et 3 à la suite afin d’optimiser les coûts de production.
Un signe plutôt encourageant qui laisse penser que la plateforme croyait au potentiel du projet.
Mais comme souvent chez Netflix, les bonnes intentions ont fini par se fracasser contre le mur des statistiques.
De bonnes critiques, mais un public absent
Créée par Jeffrey Addiss et Will Matthews, The Boroughs avait pourtant reçu un accueil critique plutôt favorable.
La série suivait un groupe de retraités vivant dans une résidence paisible qui découvraient l’existence d’une menace surnaturelle capable de voler ce qu’ils possédaient de plus précieux : le temps.
Une idée originale qui avait rapidement valu au programme le surnom de « Stranger Things pour les seniors ».
Malheureusement, les audiences n’ont jamais vraiment suivi.
La série a enregistré environ 5,6 millions de vues lors de son premier week-end avant de grimper à 9,5 millions durant sa première semaine complète. Une progression encourageante… avant une chute brutale à 3,7 millions de vues dès la semaine suivante.
Autrement dit, beaucoup de spectateurs ont essayé, mais peu sont restés suffisamment longtemps pour alimenter le bouche-à-oreille dont Netflix raffole tant.
Le poids de l’héritage Stranger Things
Le principal problème de The Boroughs est peut-être d’avoir été comparée à Stranger Things avant même sa sortie.
Quand une série est vendue comme la nouvelle création des frères Duffer, les attentes deviennent immédiatement gigantesques.
Difficile alors de rivaliser avec un phénomène culturel qui a marqué près de dix ans de télévision.
Ajoutez à cela la diffusion récente de la saison finale de Stranger Things et l’arrivée d’une autre production surnaturelle des Duffer, Something Very Bad Is Going to Happen, et vous obtenez peut-être une forme de fatigue du public.
Même les fans les plus passionnés ont parfois besoin d’une pause avant d’affronter une nouvelle créature venue d’une autre dimension.
Une série ambitieuse… et coûteuse
L’autre facteur qui a probablement pesé dans la balance reste le budget.
Avec ses effets spéciaux, son univers fantastique et son casting prestigieux composé notamment d’Alfred Molina, Geena Davis, Alfre Woodard, Denis O’Hare, Clarke Peters et Bill Pullman, The Boroughs n’était clairement pas une production à bas coût.
Or Netflix évalue systématiquement les performances d’une série en fonction de son coût de fabrication.
Lorsque les audiences ne suivent pas suffisamment, même les critiques positives deviennent soudainement beaucoup moins importantes.
Une logique économique compréhensible, même si elle laisse parfois aux spectateurs l’impression de regarder des pilotes géants de huit épisodes.
Quel avenir pour les frères Duffer ?
Cette annulation intervient alors que les frères Duffer ont récemment signé un important accord avec Paramount.
Leur principal projet encore actif dans l’univers Netflix reste désormais la série animée Stranger Things: Tales from ’85.
Quant à The Boroughs, son final restera donc sans véritable suite.
Les créateurs avaient pourtant pris soin de laisser plusieurs portes ouvertes pour de futures saisons. Des portes qui resteront malheureusement fermées.
Comme souvent dans l’industrie du streaming, la menace la plus redoutable n’était finalement pas le monstre surnaturel de la série, mais le tableau Excel des audiences.

