L’ambiance n’est visiblement pas au beau fixe entre Canal+ et TF1. Après plusieurs mois de discussions, les deux groupes n’ont pas réussi à trouver un accord sur la distribution de plusieurs chaînes. Résultat : Canal+ a décidé de couper une partie des chaînes du groupe TF1 en France, en Suisse et dans plusieurs pays d’Afrique.
Une décision qui intervient quelques jours seulement après le rapprochement très remarqué entre TF1 et Netflix. Comme quoi, les histoires de plateformes, ça finit souvent en drame… mais avec beaucoup plus d’avocats.
Trois chaînes disparaissent de Canal+ en France
En France et en Suisse, Canal+ met fin à la distribution de trois chaînes thématiques du groupe TF1 :
- TV Breizh
- Ushuaïa TV
- Histoire TV
En revanche, les abonnés Canal+ conservent l’accès aux principales chaînes gratuites du groupe : TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films ainsi que LCI. Les services de replay restent également disponibles.
Autrement dit, le JT de 20 heures ne disparaît pas de votre box. Les documentaires sur les volcans et les rediffusions de séries, en revanche, prennent la porte.
Une rupture également en Afrique
La situation est plus radicale sur le continent africain.
Canal+ va cesser la distribution de l’ensemble des chaînes suivantes :
- TF1
- TMC
- TFX
- TF1 Séries Films
- LCI
- Ushuaïa TV
- Histoire TV
Cette décision concerne plusieurs territoires où Canal+ est un acteur majeur de la télévision payante.
Netflix n’est peut-être pas étranger au contexte
Le timing est difficile à ignorer.
Depuis le 19 juin, les abonnés français de Netflix peuvent accéder directement aux chaînes en direct de TF1 ainsi qu’aux programmes de TF1+ sans surcoût. Un partenariat inédit qui rapproche considérablement la première chaîne française du géant du streaming.
Officiellement, Canal+ ne fait aucun lien entre cet accord et l’échec des négociations. Officieusement… chacun se fera son idée. Les coïncidences existent, mais elles ont parfois un drôle de sens du timing.
Chacun campe sur ses positions
Canal+ affirme avoir tenté de trouver un accord en proposant de meilleures conditions à TF1, sans succès. Le groupe précise toutefois rester ouvert à une reprise des discussions, à condition de parvenir à un accord « raisonnable, équilibré et durable ».
De son côté, TF1 regrette une décision qui prive les téléspectateurs de chaînes qu’ils apprécient. Le groupe assure vouloir continuer à rendre ses contenus accessibles au plus grand nombre et indique qu’il va désormais réfléchir à sa stratégie de distribution, alors que la diffusion numérique connaît une croissance très importante.
Une nouvelle bataille dans la guerre du streaming
Cette rupture illustre une nouvelle fois les tensions qui secouent le paysage audiovisuel français. Entre les chaînes historiques, les opérateurs télécoms, les plateformes de streaming et les diffuseurs payants, chacun cherche désormais à sécuriser ses contenus… et surtout ses abonnés.
Une chose est sûre : dans cette guerre-là, ce sont souvent les téléspectateurs qui découvrent du jour au lendemain qu’une chaîne a mystérieusement disparu de leur bouquet. Une tradition presque aussi française que les négociations qui échouent à la dernière minute.

