Sarah Aubrey l’avait annoncé en mars : HBO Max voulait décliner le succès phénoménal de The Pitt à travers le monde, et la France fait visiblement partie des premiers de la classe. Direction le Festival de La Rochelle, où la plateforme a dévoilé ses deux prochaines créations françaises : Rush, un drama médical parisien, et Bodycam, un thriller horrifique autour des violences policières. Programme chargé, ambitions assumées.
Rush : Paris version salle des urgences mobile
Premier chantier, et pas des moindres : Rush (titre provisoire), une série médicale suivant une équipe soignée d’équipes médicales mobiles à Paris, qui interviennent un peu partout (rue, métro, domiciles privés, monuments emblématiques) pour sauver des vies tout en jonglant avec leurs propres galères personnelles. Sur le papier, on sent clairement l’ADN de The Pitt, la série qui vient de rafler les Emmys avec, entre autres, un nouveau trophée pour Noah Wyle et une saison 3 déjà en préparation. Rien de très surprenant : Sarah Aubrey ne s’en cache même pas, expliquant vouloir « prendre un genre et des personnages familiers au public » pour les « superposer à un créateur vraiment enthousiaste à l’idée de raconter une histoire spécifique de manière authentique ». En clair : la recette qui marche, remixée localement.
Côté écriture, c’est Nils-Antoine Sambuc (Belphégor, In Treatment version française, Soleil Noir) qui crée et signe la série, épaulé par Gaëlle Bellan, Maya Haffar et Maxime Crupeaux. Et pour ajouter une touche d’authenticité médicale bienvenue, Neal Baer, lui-même médecin et vétéran de Urgences, est à bord en tant que producteur exécutif. Autant dire qu’on a du mal à imaginer plus légitime pour porter ce genre de projet.
Bodycam : la caméra qui ne ment jamais (et ça, ça dérange)
Deuxième annonce, nettement plus sombre : Bodycam (titre provisoire), un thriller/horreur qui démarre sur un postulat glaçant et terriblement d’actualité. Deux policiers en patrouille tirent sur un adolescent non armé, le blessant. Plutôt que d’assumer, ils choisissent d’étouffer l’affaire, sauf que l’ado a disparu avec l’une de leurs bodycams, qui a tout filmé. S’ensuit une course contre la montre pour récupérer les images compromettantes, pendant qu’une série d’attaques étranges commence à décimer les rangs de la police locale, jusqu’à la disparition d’un officier. Un mélange de polar social et d’horreur qui promet d’être aussi inconfortable que fascinant, si l’exécution est à la hauteur du pitch.
Le projet est porté par Timothée Hochet (Lost Media, Calls) et Benjamin Adam (Privilèges, L’Opéra), avec la collaboration de Mehdi Ouahab, et co-écrit par Hélène Faure et Maxime Berthémy. Une équipe qui a déjà fait ses preuves sur le terrain du genre et du polar hexagonal, donc pas d’inquiétude côté savoir-faire.
Une stratégie française qui s’accélère
Clémentine Bobin, directrice de la production scriptée originale pour HBO Max France, a profité de l’annonce pour poser le cadre éditorial : des séries locales pensées pour offrir « un regard audacieux sur des récits et des genres familiers », en prenant des risques et en défendant des voix fortes. Après les lancements de Privilèges et Paolo cette année, Rush et Bodycam viennent donc consolider une ambition clairement affichée : utiliser des genres connus comme boîte à outils pour raconter des histoires contemporaines et singulières.
Il faut dire que la France reste, hors États-Unis, l’un des territoires les plus stratégiques pour HBO Max, qui commande du contenu local depuis plusieurs années déjà. Et pendant qu’on y est : toujours aucune nouvelle du côté italien, où un autre drama médical façon The Pitt est censé être en développement depuis mars. Patience, donc.
Reste à voir si ces deux séries sauront transformer l’essai du modèle américain sans en devenir de pâles copies, l’exercice est toujours périlleux. Mais entre le pedigree des équipes et l’ambition affichée, difficile de ne pas garder un œil dessus.

